mercredi 4 novembre 2009

*Chapitre 2*

__Paul:
Je me réveillais comme tout les matins. La bouche pâteuse. Les yeux défoncés. Douleurs et ecchymoses aux bras. J'avais sans doute trop bu, trop fumé, trop baisé... Je ne me souviens plus de ce que j'ai fais hier. Ah si, j'étais invité à une stupide avant première, d'un film stupide avec des acteurs stupides. Pourquoi j'y suis allé ? Je n'en sais rien. L'ennuie m'y a sûrement poussé. Et puis il y a eu cette fille ... Je ne sais plus comment elle s'appelle. Ah si, Jenna. Jenna L. Mannequin admirable, parait il. Bof, toutes les mannequins sont superficielles et camées. Mais celle la, elle a un regard qu'on n'oublie pas. Un regard de mépris, de dédain, de désintérêt total. Le même que le mien. Elle est superbe certes, mais je n'aime pas sa prétention, sa supériorité. Personne ne me domine. Surtout pas une gamine de 19 ans. Je ne l'apprécie pas. Alors pourquoi je l'ai amené chez moi ? Sans doute pour la baiser. Non je ne pense pas. Elle attire ma curiosité, mon attention. Je veux qu'elle m'appartienne. Je La veux.
Je me levais péniblement de mon lit. Elle était déjà debout. Assise sur le balcon. Elle fumait, imperturbable. Démoniaquement belle. Princesse des temps moderne, version junkie. Je m'approchais sans faire de bruit. Histoire de voir sa réaction. Le plancher craqua. Elle se retourna en sursautant. Je rigolais.
- T'es con ! Me dit-elle.
- Je sais.
Je m'installais à côté d'elle sur le banc. Et admirais le paysage. Mon appartement donnait directement vu sur la tour Eiffel et la Seine. De quoi en faire rêver plus d'un. Mais elle, elle avait simplement les yeux dans le vague.
- Tu penses à quoi ? Lui demandais-je.
- A rien.
Dialogue de sourd ! On ne se parlait pas, mais on se comprenait. C'était étrange. Je baissais mon regard sur mon paquet de Marlboro à moitie vidé. Et mon zippo posé à côté.
- Tu te fais pas chier toi ! Lançais-je.
- Non. Répondit elle, tout bonnement.
Et continua de fumer sa cigarette. Elle en avait rien a foutre de ce que je racontais.
- Je te trouve bien insolente !
- Tu ne me connais même pas ! Elle me lança avec un regard de reproche.
- Combien tu pèse ? Lui demandais-je.
- Pourquoi tu me demande ça ? Fit-elle.
- Combien tu pèse ?! Insistais-je.
- 45.
- Qu'est ce que tu aimes dans la vie ?
- Ça rime à quoi cet interrogatoire ?! Elle commence à s'énerver. C'est pas bon signe. Rien a foutre je continue.
- Répond juste ! Tu aimes quoi ?
- Tout sauf toi !
Connasse.
- Très bien, j'en conclue donc que tu pèse 45 kg pour environ 1m75, que tu aimes le cinéma, la bonne musique, le sport, voyager, dessiner, chanter, défiler, la mode, la couture, les desserts chocolatés, la plage, l'équitation, la baise, les bonnes soirées, la coke, la défonce, lire, étudier, manger, courir, rire, les fermes et ses vaches, les partouze en tout genre, bars, troquets, boite de nuit, les connards, tu vois je te connais un peu quand même.
- Tu es pathétique. Elle renifla.
- Je le suis en effet.
- Et toi ? Me questionna t-elle.
- Quoi ?
- Tu aimes quoi au juste à part me pourrir l'existence ? Dit elle, d'un ton ironique.
- Toi.
Elle ne disait plus rien, continuant juste de me fixer. Comme si elle me m'était au défit. Je n'ai pas compris ce qu'elle attendait de moi. Elle voulait encore que je la saute ? Très bien. Je me penchais vers elle pour l'embrasser. Elle recula subitement et se leva d'un coup. Je restais là comme un con vennant de se prendre un râteau.
- Je vais prendre une douche. Dit-elle.
Et elle disparu dans l'encadrement de la porte. Je restais juste là, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Quelle conne. Vraiment. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Je me levais à mon tour et retournais languir sur mon lit. Je chopais la télécommande en passant et allumais l'écran géant. Du sport. Je zappe. Du R&B. Je zappe. Une émission de cuisine. Je zappe. Un défilé de mode. Je zappe. Bande annonce du film la Môme. J'éteins. J'entends l'eau couler depuis tout a l'heure. Elle m'agace avec ses petites manies de pétasse. Je me lève et décide d'entrer dans la salle de bain. J'enclenchais. Elle n'avait pas fermé à clé. Je m'en doutais. J'entrais. Elle se trouvait dans la douche. La vapeur d'eau sur les vitres cachait son corps derrière une sorte de buée. Je pouvais à peine deviner ses courbures. Je retirais ma chemise et mon caleçon en deux, trois mouvements. Je m'admirais une dernière fois dans le miroir et me glissait avec elle sous la douche. Elle ne fut pas du tout surprise. A vrai dire elle s'y attendait. J'embrassais sa nuque, ses épaules. L'eau chaude continuait de couler sur nos deux corps nus. Ses longs cheveux dorés dégoulinaient sur ces hanches parfaitement dessinées. Je continuais de l'embrasser doucement, descendant de plus en plus bas, jusqu'au creux de son dos. Elle ne me laissa pas terminer mon ascension, elle se retourna pour me faire face. Je la fixais. Comme toujours. Je savais qu'elle n'aimait pas ça.
Mais je m'en foutais. Elle était si belle. Ses yeux bleus presque gris, ne renvoyait plus d'éclair, toute colère s'était dissipée. Pendant un bref instant elle me paraissais fragile, vulnérable. Pour tout dire elle me faisait carrément pitié. Mais pas le genre de pitié que j'éprouve pour les personnes misérables, c'est à dire pour les trois quarts de la population française. Non. Elle me donnait juste envie de la protéger. Ses yeux se remplirent de larmes. Et sa lèvre supérieur commençait légèrement à trembler. Je la pris alors dans mes bras pour la réconforter. Je n'avais jamais fait ça auparavant. Elle éclata en sanglots. Cela dura de longues minutes. Ses larmes se mélangèrent avec l'eau, désormais tiède, qui continuait de couler. Elle ne s'arrêta pas de pleurer, alors je l'a pris dans mes bras et la sortie de la douche. Je retirais ma chemise et la reposa sur la chaise. Elle sanglotait encore. Je lui tendis une serviette. Elle la laissa tomber par terre.
Je la regardais incrédule. Qu'est ce qui pouvait bien lui faire tant de peine ? Je ramassais la serviette et la sécha. Elle se laissa faire. J'essuyais le maquillage qui coulait de ses yeux. Même le visage barbouillé de noir, on pouvait difficilement la trouver laide. Ça y est. Ce que je redoutais arriva. Ses mains se mirent a trembler. Ses dents grinçaient. Son corps entier fut parcouru de petits tressautements. Et ses larmes se firent de plus en plus prononcées. Elle était en manque. Tout simplement. Enfin si je puis me permettre. Je la soulevais de nouveau et la porta jusqu'à mon lit. Je la mis sous la couette et essaya de la calmer. Je n'avais rien à lui donner de toute manière. Je ne consommais pas de coke. Il fallait juste qu'elle se calme. Je lui chantonnais doucement Rock n roll suicide de Bowie. Pas très gaie tout ça, mais c'est une des seules chansons dont je connaisse les paroles. Qu'est ce qu'il m'arrive ? Je suis entrain de chanter du Bowie pour calmer une pauvre fille droguée à peine majeure que j'ai ramassé lors d'un gala absurde.
Je ne devenais vraiment pas net. Qu'est ce qu'elle m'avait fait ... Je l'a vis fermer les yeux. Elle esquissa un léger sourire que je pu a peine apercevoir. Et elle s'endormit tombant dans le néant.

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