samedi 7 novembre 2009

*Chapitre 4*

__Paul:
Et puis un jour je l'aperçu. A la sortie de l'avenue Champs-Elysée. Sa beauté me laissait sans voix. Elle était encore plus magnifique que la dernière fois que je l'avais vu. La dernière fois que je l'avais vu ... J'avais l'impression que cela datait de 10 ans. J'étais sortis acheter un paquet de clope. Quand je suis rentré, elle n'était plus là. Disparue, et ses affaires aussi. Sur le coup je n'ai pas bien compris pourquoi. Après cette journée, je ne l'ai plus revue. Plus entendu parlé d'elle. Elle n'appela pas. J'hésitais. Je l'appelle ? Non je ne l'appelle pas. Je supprimais son numéro pour ne pas être tenté. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je tombais amoureux ? Non, bien sur que non ! Pas possible. Je la déteste. Avec ses manies de pétasse. Je décidais de l'oublier. Puis son regard pénétrant et sa façon de m'envoyer promener me manquèrent. Ses caprices aussi, me manquèrent. De plus en plus. Alors je sortais. Je buvais. Je couchais avec des salopes. Rien à faire. Elle me pourrit l'esprit. Et la re voilà, deux mois plus tard, rayonnante comme jamais. Je pensais que ce n'était qu'une hallucination. Je m'approchais de plus près. Non, c'est bien elle. Les mêmes cheveux dorés. La même bouche toujours entrouverte. Le même visage sublime. Les même yeux ... Elle portait une robe légère, des chaussures à talons et des centaines de sacs remplient de fringues. Décidément, elle ne changerait jamais. Elle m'a vu, elle aussi. Elle me dévisage. Je m'approche encore, pour venir me poster juste devant elle. Elle ne broncha pas. Elle resta juste là, à me fixer avec ses yeux destructeurs. Est ce qu'elle m'en voulait ? Sûrement. Mais je ne savais pas pourquoi. On se regarda longtemps, sans prononcer une seule parole. Contre toute attente se fut elle qui s'exprima la première.
- Je t'invite à boire un verre ?
Cette voix.. Cette voix suave légèrement voilée. Je ne l'avais pas entendu depuis si longtemps.
- Oui bien sur.

On discutait dans un petit bar sympa. On s'était assis à une table à l'écart pour être tranquille, pour pouvoir savourer ce moment en paix. Je la questionnais sur ce qu'elle avait fait pendant tout ce temps. Elle me répondit « rien ». Rien, signifie ici, sortir tous les soirs dans différentes soirée, gala, fêtes, partouze party. Se défoncer à mort . Boire comme un trou. Fumer comme un pompier. Danser à en crever. Passer la soirée et avoir des discutions inintéressantes avec des personnes inintéressantes. Se coucher à 6h du mat. Puis recommencer le lendemain. Voilà ce que ce petit "rien" signifiait. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent.
- Et toi ? Me demanda t-elle.
- Rien.
Elle souriait. Elle se doutait que je n'avais pas passé ces deux mois à lire des bouquins défectueux, ni a regarder la télé, déprimé dans mon grand lit. Restant enfermé chez moi. Refusant toute confrontation avec la vie exterieure, avec la vie réel.
- Je t'ai manqué ? Dis-je un sourire en coin. Je voulais la tester. Voir ce qu'elle allait me répondre. Si elle allait être sincère ou non. Elle rigola. Il n'y avait rien de drôle pourtant. Pour ne pas parraître malpolis je riais avec elle.
- Non. Dit-elle tout simplement.
Menteuse. Un large sourire barrait son visage. Comme si ça lui faisait plaisir de me faire de la peine. Seulement, elle aura bien du mal à me faire souffrir. Le tyran, ici, c'est moi.
- Et moi, je t'ai manqué ? Il y avait plein de malice dans sa voix. Elle souriait toujours autant.
- Non.
Ma voix tremblait légèrement. Je me retenais de lui rire au nez. Elle l'avait bien remarqué. Elle aussi ses lèvres frémissaient. Alors nous sommes partis dans un fou rire. Le genre de fou rire débile qui n'avait pas lieu d'être. Les gens qui nous entouraient, nous regardaient d'un drôle d'air. Pourtant on ne pouvait plus s'arrêter. Elle en pleurait presque. On était là, comme deux cons, se foutant de la gueule de l'un de l'autre. On savait pertinemment qu'on ne pouvait pas se supporter. Mais on savais également qu'on ne pouvait pas vivre l'un sans l'autre. Pendant deux mois, je ne faisais que penser à elle. Et vis versa. Il y avait cette sorte d'attirance physique qui prenait le dessus. Attirance physique que je ne saurais expliquer. Sans elle je suis perdue. C'est la première fois que cela m'arrive. On arriva enfin à nous calmer. Je repris mon sérieux. Je voulais lui proposer quelque chose. Elle refuserait, je le sais. Mais je voulais quand même tenter ma chance.
- Dans deux semaines, je vais à New York. Je pense que je vais m'ennuyer. Tu veux venir avec moi ? Je posais cette question avec tellement d'hésitation, qu'elle le remarqua aussitôt.
- Pourquoi faire ? Dit-elle, avec gravité.
Je fus troublé par sa réponse. Je ne savais que dire. Elle se méfiait. Et il y avait de quoi. Je suis un vrai connard parfois. Alors je décidais d'improviser.
- Tu sais j'aime deux choses dans la vie.
Je m'arrêtais laissant ma phrase s'imprégner dans son esprit. Elle sourit et me demanda.
- Vraiment ?
- Oui.
- Quelles sont telles ? Elle était de nature curieuse. Voulant toujours tout savoir. Je répondais alors de la façon la plus simple possible.
- Moi. Et toi.
Elle continuais de me regarder avec ce sourire dévastateur. On aurait dit qu'elle se doutait de chacune des paroles que j'allais prononcer. Comme si elle lisait en moi. Comme si j'étais trop prévisible. Je suis en train de passer pour un con. La prochaine fois, je la surprendrais ! Elle ne répondit pas à ma question et se leva. Intrigué je me levais aussi et la suivi dans la rue.
- J'ai un shooting dans 10 min. Je dois être à l'heure.
- Je t'accompagne.
Je commençais à sortir mes clés de la poche de ma veste, mais elle m'attrapa la main. Je fus surpris mais je me laissais faire. Elle jouait avec mes doigts. Les caressants chacun leur tour. C'était très sensuelle, et une bouffé de chaleur remplis mon corps. Pourtant elle ne souriait plus. Elle lâcha ma main.
- Non. Fit-elle, tout simplement
Pour la première fois de ma vie, je n'insistais pas. J'avais l'habitude de plier les femmes à mes quatre volontés. Et aucune d'entre elle ne m'avait refusé quoi que ce soit. Encore moins de les raccompagner. Elle héla un taxi et monta dedans sans même prendre le temps de me dire au revoir. Mais avant de démarrer elle baissa la vitre teintée et sortis légèrement la tête.
- Appelle moi.
Ce n'était pas une question. C'était un ordre. Elle venait de m'ordonner de l'a rappeler, chose que je n'avais encore jamais faite. Alors je répondis le premier truc qui me passa par l'esprit.
- Non.
Elle rigola. Je ne l'avais encore jamais vu si joyeuse. On n'aurait jamais pensé qu'elle se défonçait chaque soir dans des soirées sinistres et glauques. Ni qu'elle était malheureuse. Parce que malheureuse, elle l'était. Elle remonta la vitre noire. Et disparue dans le virage suivant.


" Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissait pas aussi le droit de vous détruire ".
Je trouve cette phrase très philosophique ! Elle me définit plutôt bien je trouve. Le voyage comment le définiriez vous ? Comme une épopée, un périple à travers le monde ? Se rendre dans un lieu lointain ou étranger ? Ou encore du fait d'être transporté temporairement vers une nouvelle région, un nouveau pays, un nouveau monde ...
Vous finirez probablement par le découvrir tôt ou tard. Moi j'ai tout compris. Certains peuvent voir le voyage comme le simple fait de visiter différents lieux, différents endroits sans pour autant s'y intéresser totalement. D'autres ne voyage qu'au seul moyen de leurs pensées, il laisse leur esprit vagabonder, étant proie aux hallucinations qu'il peut engendrer, par la conviction de percevoir ce qui n'existe pas, ce qui n'a jamais existé. Pourtant ils y croient. J'y crois.
Cependant la destination est la même. Ce lieu où l'on veut se rendre, où l'on doit se rendre. Cette puissance inexpliquée qui nous pousse, indépendante de notre propre volonté, à tout quitter. Cette obstination qui fait, que l'on veut à tout prix faire vivre une idée, la faire exister durablement, avant que celle ci ne nous dévore l'esprit au point que l'on devienne totalement fou. Mais ce qui compte n'est pas la destination en elle même, mais les efforts et les différentes manières d'y parvenir. On se démène pour atteindre notre but. Chaque perceptions que l'on a du voyage nous fait prendre conscience de ce qu'il aurait pu nous reprendre et non nous apprendre. Il n'est qu'un mélange fascinant de sobriété et de gourmandise. Le caractère fondamental, la réalité permanente, l'essence même du voyage ne nous fait que savourer l'instant présent et oublier tout ce que nous avions emporté avec nous. Les soucis balayés d'une simple pensée. Toutes nos inquiétudes envolées. Et on reste là, seul, coupé du monde, mais pourtant si proche de lui. On ne dit mots. On n'ose plus réfléchir. On reste juste là, à jouir de l'instant présent, jouir de notre réussite, jouir de la vie. . .


J'ai déjà tout vécu dans ma vie, du haut de mes 25 ans. Naissance, enfance, études, que je n'ai de toute façon pas terminées, l'adolescence, les joies de la baise, de la défonce, de l'alcool, en passant par dépression, bad trip, crise existentielle, mort et renaissance. Je renais toujours. Personne n'arrivera à m'éliminer. Je suis fort, habile, astucieux, ingénieux, sagace, perspicace, prévoyant, judicieux, mais tout sauf lucide. Je suis le maitre suprême. Je suis dieu. Bon ok je tombe dans la démesure on dira juste que je suis le meilleur. Tout le monde veut être à ma place, toute la nation. Je suis leur idole. Ils me baisent les pieds priant pour que je leur accorde ma pitié et que j'ose leur adresser la parole. Ils sont répugnants, ignobles, écœurant. Mais elle ce n'est pas pareille. Elle n'est pas comme Eux. Elle ne cherche pas les mêmes choses. Elle s'en fou même carrément. Elle est différente. Distante, mystérieuse, énigmatique, supérieur, prétentieuse, incomparable, hautaine, dédaigneuse, sublime, unique, irréel ...
Elle me hante. Elle m'exaspère, m'horripile. Je l'a hait. Elle a exactement la même personnalité que moi. Les mêmes manières, le même savoir-vivre. Elle est moi. Je n'accepte pas la concurrence. Et encore moins la défaite. Je ne la laisserais pas m'avoir cette fois ci. C'est moi qui mène le jeu. Je l'a ferrais souffrir comme elle me fait souffrir en ce moment même. Je lui ferrais subir les pires choses inimaginables. C'est tout ce qu'elle mérite. Je détruirais sa misérable vie jusqu'a ce qu'il n'en reste rien. Elle ne sera plus rien. Ni pour moi, ni pour personne. Je la tuerais. Mon amour la tuera.

1 commentaire:

  1. Boire comme un pompier! Fumer comme un trou mdr !
    Je m'en rappelerai ;)
    J'AIME ENCORE ET TOUJOURS !

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