__Paul:
Et puis un jour je l'aperçu. A la sortie de l'avenue Champs-Elysée. Sa beauté me laissait sans voix. Elle était encore plus magnifique que la dernière fois que je l'avais vu. La dernière fois que je l'avais vu ... J'avais l'impression que cela datait de 10 ans. J'étais sortis acheter un paquet de clope. Quand je suis rentré, elle n'était plus là. Disparue, et ses affaires aussi. Sur le coup je n'ai pas bien compris pourquoi. Après cette journée, je ne l'ai plus revue. Plus entendu parlé d'elle. Elle n'appela pas. J'hésitais. Je l'appelle ? Non je ne l'appelle pas. Je supprimais son numéro pour ne pas être tenté. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je tombais amoureux ? Non, bien sur que non ! Pas possible. Je la déteste. Avec ses manies de pétasse. Je décidais de l'oublier. Puis son regard pénétrant et sa façon de m'envoyer promener me manquèrent. Ses caprices aussi, me manquèrent. De plus en plus. Alors je sortais. Je buvais. Je couchais avec des salopes. Rien à faire. Elle me pourrit l'esprit. Et la re voilà, deux mois plus tard, rayonnante comme jamais. Je pensais que ce n'était qu'une hallucination. Je m'approchais de plus près. Non, c'est bien elle. Les mêmes cheveux dorés. La même bouche toujours entrouverte. Le même visage sublime. Les même yeux ... Elle portait une robe légère, des chaussures à talons et des centaines de sacs remplient de fringues. Décidément, elle ne changerait jamais. Elle m'a vu, elle aussi. Elle me dévisage. Je m'approche encore, pour venir me poster juste devant elle. Elle ne broncha pas. Elle resta juste là, à me fixer avec ses yeux destructeurs. Est ce qu'elle m'en voulait ? Sûrement. Mais je ne savais pas pourquoi. On se regarda longtemps, sans prononcer une seule parole. Contre toute attente se fut elle qui s'exprima la première.
- Je t'invite à boire un verre ?
Cette voix.. Cette voix suave légèrement voilée. Je ne l'avais pas entendu depuis si longtemps.
- Oui bien sur.
On discutait dans un petit bar sympa. On s'était assis à une table à l'écart pour être tranquille, pour pouvoir savourer ce moment en paix. Je la questionnais sur ce qu'elle avait fait pendant tout ce temps. Elle me répondit « rien ». Rien, signifie ici, sortir tous les soirs dans différentes soirée, gala, fêtes, partouze party. Se défoncer à mort . Boire comme un trou. Fumer comme un pompier. Danser à en crever. Passer la soirée et avoir des discutions inintéressantes avec des personnes inintéressantes. Se coucher à 6h du mat. Puis recommencer le lendemain. Voilà ce que ce petit "rien" signifiait. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent.
- Et toi ? Me demanda t-elle.
- Rien.
Elle souriait. Elle se doutait que je n'avais pas passé ces deux mois à lire des bouquins défectueux, ni a regarder la télé, déprimé dans mon grand lit. Restant enfermé chez moi. Refusant toute confrontation avec la vie exterieure, avec la vie réel.
- Je t'ai manqué ? Dis-je un sourire en coin. Je voulais la tester. Voir ce qu'elle allait me répondre. Si elle allait être sincère ou non. Elle rigola. Il n'y avait rien de drôle pourtant. Pour ne pas parraître malpolis je riais avec elle.
- Non. Dit-elle tout simplement.
Menteuse. Un large sourire barrait son visage. Comme si ça lui faisait plaisir de me faire de la peine. Seulement, elle aura bien du mal à me faire souffrir. Le tyran, ici, c'est moi.
- Et moi, je t'ai manqué ? Il y avait plein de malice dans sa voix. Elle souriait toujours autant.
- Non.
Ma voix tremblait légèrement. Je me retenais de lui rire au nez. Elle l'avait bien remarqué. Elle aussi ses lèvres frémissaient. Alors nous sommes partis dans un fou rire. Le genre de fou rire débile qui n'avait pas lieu d'être. Les gens qui nous entouraient, nous regardaient d'un drôle d'air. Pourtant on ne pouvait plus s'arrêter. Elle en pleurait presque. On était là, comme deux cons, se foutant de la gueule de l'un de l'autre. On savait pertinemment qu'on ne pouvait pas se supporter. Mais on savais également qu'on ne pouvait pas vivre l'un sans l'autre. Pendant deux mois, je ne faisais que penser à elle. Et vis versa. Il y avait cette sorte d'attirance physique qui prenait le dessus. Attirance physique que je ne saurais expliquer. Sans elle je suis perdue. C'est la première fois que cela m'arrive. On arriva enfin à nous calmer. Je repris mon sérieux. Je voulais lui proposer quelque chose. Elle refuserait, je le sais. Mais je voulais quand même tenter ma chance.
- Dans deux semaines, je vais à New York. Je pense que je vais m'ennuyer. Tu veux venir avec moi ? Je posais cette question avec tellement d'hésitation, qu'elle le remarqua aussitôt.
- Pourquoi faire ? Dit-elle, avec gravité.
Je fus troublé par sa réponse. Je ne savais que dire. Elle se méfiait. Et il y avait de quoi. Je suis un vrai connard parfois. Alors je décidais d'improviser.
- Tu sais j'aime deux choses dans la vie.
Je m'arrêtais laissant ma phrase s'imprégner dans son esprit. Elle sourit et me demanda.
- Vraiment ?
- Oui.
- Quelles sont telles ? Elle était de nature curieuse. Voulant toujours tout savoir. Je répondais alors de la façon la plus simple possible.
- Moi. Et toi.
Elle continuais de me regarder avec ce sourire dévastateur. On aurait dit qu'elle se doutait de chacune des paroles que j'allais prononcer. Comme si elle lisait en moi. Comme si j'étais trop prévisible. Je suis en train de passer pour un con. La prochaine fois, je la surprendrais ! Elle ne répondit pas à ma question et se leva. Intrigué je me levais aussi et la suivi dans la rue.
- J'ai un shooting dans 10 min. Je dois être à l'heure.
- Je t'accompagne.
Je commençais à sortir mes clés de la poche de ma veste, mais elle m'attrapa la main. Je fus surpris mais je me laissais faire. Elle jouait avec mes doigts. Les caressants chacun leur tour. C'était très sensuelle, et une bouffé de chaleur remplis mon corps. Pourtant elle ne souriait plus. Elle lâcha ma main.
- Non. Fit-elle, tout simplement
Pour la première fois de ma vie, je n'insistais pas. J'avais l'habitude de plier les femmes à mes quatre volontés. Et aucune d'entre elle ne m'avait refusé quoi que ce soit. Encore moins de les raccompagner. Elle héla un taxi et monta dedans sans même prendre le temps de me dire au revoir. Mais avant de démarrer elle baissa la vitre teintée et sortis légèrement la tête.
- Appelle moi.
Ce n'était pas une question. C'était un ordre. Elle venait de m'ordonner de l'a rappeler, chose que je n'avais encore jamais faite. Alors je répondis le premier truc qui me passa par l'esprit.
- Non.
Elle rigola. Je ne l'avais encore jamais vu si joyeuse. On n'aurait jamais pensé qu'elle se défonçait chaque soir dans des soirées sinistres et glauques. Ni qu'elle était malheureuse. Parce que malheureuse, elle l'était. Elle remonta la vitre noire. Et disparue dans le virage suivant.
" Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissait pas aussi le droit de vous détruire ".
Je trouve cette phrase très philosophique ! Elle me définit plutôt bien je trouve. Le voyage comment le définiriez vous ? Comme une épopée, un périple à travers le monde ? Se rendre dans un lieu lointain ou étranger ? Ou encore du fait d'être transporté temporairement vers une nouvelle région, un nouveau pays, un nouveau monde ...
Vous finirez probablement par le découvrir tôt ou tard. Moi j'ai tout compris. Certains peuvent voir le voyage comme le simple fait de visiter différents lieux, différents endroits sans pour autant s'y intéresser totalement. D'autres ne voyage qu'au seul moyen de leurs pensées, il laisse leur esprit vagabonder, étant proie aux hallucinations qu'il peut engendrer, par la conviction de percevoir ce qui n'existe pas, ce qui n'a jamais existé. Pourtant ils y croient. J'y crois.
Cependant la destination est la même. Ce lieu où l'on veut se rendre, où l'on doit se rendre. Cette puissance inexpliquée qui nous pousse, indépendante de notre propre volonté, à tout quitter. Cette obstination qui fait, que l'on veut à tout prix faire vivre une idée, la faire exister durablement, avant que celle ci ne nous dévore l'esprit au point que l'on devienne totalement fou. Mais ce qui compte n'est pas la destination en elle même, mais les efforts et les différentes manières d'y parvenir. On se démène pour atteindre notre but. Chaque perceptions que l'on a du voyage nous fait prendre conscience de ce qu'il aurait pu nous reprendre et non nous apprendre. Il n'est qu'un mélange fascinant de sobriété et de gourmandise. Le caractère fondamental, la réalité permanente, l'essence même du voyage ne nous fait que savourer l'instant présent et oublier tout ce que nous avions emporté avec nous. Les soucis balayés d'une simple pensée. Toutes nos inquiétudes envolées. Et on reste là, seul, coupé du monde, mais pourtant si proche de lui. On ne dit mots. On n'ose plus réfléchir. On reste juste là, à jouir de l'instant présent, jouir de notre réussite, jouir de la vie. . .
J'ai déjà tout vécu dans ma vie, du haut de mes 25 ans. Naissance, enfance, études, que je n'ai de toute façon pas terminées, l'adolescence, les joies de la baise, de la défonce, de l'alcool, en passant par dépression, bad trip, crise existentielle, mort et renaissance. Je renais toujours. Personne n'arrivera à m'éliminer. Je suis fort, habile, astucieux, ingénieux, sagace, perspicace, prévoyant, judicieux, mais tout sauf lucide. Je suis le maitre suprême. Je suis dieu. Bon ok je tombe dans la démesure on dira juste que je suis le meilleur. Tout le monde veut être à ma place, toute la nation. Je suis leur idole. Ils me baisent les pieds priant pour que je leur accorde ma pitié et que j'ose leur adresser la parole. Ils sont répugnants, ignobles, écœurant. Mais elle ce n'est pas pareille. Elle n'est pas comme Eux. Elle ne cherche pas les mêmes choses. Elle s'en fou même carrément. Elle est différente. Distante, mystérieuse, énigmatique, supérieur, prétentieuse, incomparable, hautaine, dédaigneuse, sublime, unique, irréel ...
Elle me hante. Elle m'exaspère, m'horripile. Je l'a hait. Elle a exactement la même personnalité que moi. Les mêmes manières, le même savoir-vivre. Elle est moi. Je n'accepte pas la concurrence. Et encore moins la défaite. Je ne la laisserais pas m'avoir cette fois ci. C'est moi qui mène le jeu. Je l'a ferrais souffrir comme elle me fait souffrir en ce moment même. Je lui ferrais subir les pires choses inimaginables. C'est tout ce qu'elle mérite. Je détruirais sa misérable vie jusqu'a ce qu'il n'en reste rien. Elle ne sera plus rien. Ni pour moi, ni pour personne. Je la tuerais. Mon amour la tuera.
samedi 7 novembre 2009
mercredi 4 novembre 2009
*Chapitre 3*
__Jenna:
Je suis morte de rire. Mes amies Julia, houna et Clara le sont également. Enfin, si on peut appeler ça des amies. On ne se supporte pas mais pourtant on est inséparables. Toutes les trois, gosses de riches. Moi je suis supérieure. Je suis une star. Je sors du taxi. J'ai à peine eu le temps de respirer. Mon souffle se fit haletant. Et je suis là, comme un gamin en cavale, qui à peur de se faire rattraper par son passé. C'était mieux que tout. Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied. Les rues pleines à craquer. Les immeubles éclairés. Les galeries encombrées. Les lumières surplombant les avenues. Les personnes se bousculant. Je ne m'arrête plus d'avancer, d'enchaîner les pas les uns devant les autres. Une musique, son geste, un souvenir. Un mégo écrasé sur le trottoir. Un flingue. Une voiture de flics. Je suis pilote d'avion. Je plane. Je suis défoncée. Je vais partir, revenir et sentir une nouvelle vie s'offrir à moi. Et puis il y a les musiques. Celles qui te parlent. Celles qui parlent au monde et qui transpercent les façades. Celle qui t'entrent dans la peau. Et qui t'explosent. Jusqu'au derniers accords. Qui au fond ne finissent jamais. L'excitation, l'osmose, l'extase. La bouche pâteuse, les yeux déchirés, le déséquilibre, nos milles et une folies. L'envie, la joie, le sentiments exquis de puissance, le « out of control ». La frénésie du désir et de nos souvenirs ne suffit plus. L'alcool et cette musique trop forte nous exaltent. Tout est éphémère de nos jours. Sauf moi. Je brille et je surpasse tout !
Le crépitement et cette lumière rouge. L'odeur, la musique et l'extase une nouvelle fois. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent. Je me remets à boire. A sniffer. A me droguer. A danser. A draguer. J'ai la tête qui tourne. Soudain le vinyle saute. Plus de lumière. Les objets volent. Une vitre explose. Les pots de fleurs tombent. Une bouteille de champagne dans le caniveau. Encore le même frisson. Et puis plus rien.
Encore une soirée qui se termine comme les autres. C'est à dire à quatre pattes dans les toilettes, à vomir tout l'alcool qu'on a pu ingurgiter. Julia me tenant les cheveux. Je fais peine à voir. Je me relève péniblement. Houna me tend un rail de coke. Ça ira mieux après ma dose. Ça y est mes pupilles s'élargissent et mes muscles se détende. Je suis stone. J'aime ça. Où est Clara ? Elle a disparue. Sûrement entrain de se faire sauter par un inconnu. Ou alors peut être entrain de se faire violer. Je m'en fou. Je l'a reverrais le mois prochain, à la fin de sa dépression. Cette soirée est gentillement entrain de se barrer en live. Je ne sais même plus chez qui on est. Tout ce que je sais, c'est qu'on est en septembre. Ça va faire deux mois que je n'ai pas revu Paul. Je m'en tape. Moins je le vois, mieux je me porte. Après m'être réveillée une deuxième fois dans son lit, j'ai flippé tout simplement. Je ne me réveille jamais deux fois dans le lit du même mec. Telle est ma devise. Je suis presque une pute à vrai dire. Non ! Je n'en suis pas une ! Gagner du fric en couchant avec n'importe qui. Moi je ne couche jamais avec n'importe qui. Et j'ai pas besoin de leur argent. J'en ai assez. J'en ai tellement que je ne sais même plus comment le dépenser. Je suis une star. Je regarde autour de moi. D'autres personnes étaient là. Je ne les reconnais pas. Ma vue se brouille. Je laisse couler quelques larmes. Un garçon brun me regarde étrangement. Il a les cheveux en bataille, des yeux bleus perçant. « Paul ? C'est toi ? ». Le garçon recule et se fou de ma gueule. « Elle est complètement défoncée cette conne ». Je l'emmerde. Je les emmerde tous !
Paul me manque. Qu'est ce que je raconte ? J'en ai rien a foutre de lui. Je ne veux pas le revoir. J'ai peur tout d'un coup. Je me sens faible. J'ai besoin de sa voix rassurante. De son regard profond et protecteur. J'ai besoin de lui. Je commence à courir dans le couloir. J'entends Julia qui me crie de m'arrêter. Je panique. Je ne sais plus ce que je fais. Mon sachet de coke tombe à terre. La poudre blanche se repend dans les rainures du parquet. Je perçu Houna lâcher un juron. J'appelle désespèrent Paul. Il ne répond pas. Il n'est pas là. Je deviens complètement folle. Et puis le trou noir. Je perd une nouvelle fois connaissance.
- « Réveilles-toi ! ».
Je sens une douleur sur ma joue. J'ouvre les yeux. Houna, Julia, Clara et co me dévisageais, les yeux ronds. Qu'est ce que j'ai foutu encore.
- De l'air ! Grommelais-je.
- Bon barrez vous y a plus rien a voir. Lança Julia, en râlant.
Je ne sentais plus ma tête. Le tambourinement de la musique me donner des migraines. Il fallait que je calme ça. Je fouillais dans mes poches. J'en sortis un tiquet de cinéma, un billet de 20 euro, et mes clés d'appartement. J'attrapais la manche du blouson de Julia et l'obligea à s'asseoir par terre à côté de moi.
- Ma coke elle est où ?! Marmonnais-je.
Pour toute réponse, elle tendit le doigt vers le sol. Il y avait de la poudre blanche éparpillée partout.
- Super.
- Tu as perdue connaissance Jenna.
- Comment ça se fait ? J'ai trop bu ? L'interrogeais-je.
- Non tu étais complètement défoncé, tu planais à mort. Tu t'es mise à courir dans le couloir et criant « Paul ! Paul ! ». On aurait dit une pauvre folle paumée. Et puis tu t'es affalé sur le sol.
Je ne me rappelais de rien.
- Super. Répétais-je une nouvelle fois.
Julia continuait de me regardait avec des yeux ronds. Complètement paumée elle aussi.
- Arrête de me regarder comme ça ! On dirait que tes yeux vont sortir de leur orbite.
Elle détourna la tête. Puis me regarda une nouvelle fois. Elle me posa La question que je redoutais.
- C'est qui ce Paul ?
J'en étais sur. Peuvent pas ce mêler de leur affaire celles là !
- Personne.
Houna m'observa à son tour. Je remarquais alors sa beauté. Je n'y avait jamais vraiment prêté attention. Ses cheveux bruns étaient ondulés et sa frange lui tombait sur ses yeux bleu lagon. Ses lèvres, étroites mais pulpeuses dévoilaient des dents parfaitement alignées. Pfff, elle avait beau être séduisante, elle ne m'arrive même pas à la cheville.
- Ne Me dit pas qu'il s'agit de Paul Doyle.
Je cru percevoir du regret, du désespoir dans sa voix tremblante. Comme si c'était la fin du monde. Comme si je n'avais pas pu tomber plus bas. Comme si j'avais faite la pire erreur de ma vie. Comme si ce Paul Doyle était la dernière vermine qui pouvait exister. Alors je préférais jouer l'ignorante.
- Qui est ce ? Demandais-je timidement.
- Le diable en personne.
Bof. Le diable, c'est moi. Avais-je rétorquée.
Elles continuèrent de me fixer. Avec des yeux pleins de compassion. Sur le moment je n'ai pas compris pourquoi. Paul n'était pas si horrible. Il n'avait rien de diabolique.
- Pourquoi a t-il cette réputation ? Interrogeais-je.
Ce fut Clara qui me répondit.
- C'est juste un connard fini. Il prend tout le monde pour des merdes. D'après lui, il est supérieur à n'importe qui. J'esquissais un petit sourire. C'était, en effet, une partie de sa personnalité que j'avais remarquée.
- D'ailleurs, continua Clara, non seulement ils ne respectent pas son entourage, mais il manipule salement les filles. Il les drague à mort lors des soirées, fêtes, galas. Et après il les ramènent chez lui. Il se laisse désirer. Tu vois les pauvres filles sont tellement sous son charme qu'elles se jettent littéralement sur lui. Mais il en a rien a foutre. Il les baise comme des putes. Et le lendemain, il les fout à la porte en leur balançant un billet de 100 à la gueule. C'est limite s'il ne leur crache pas dessus.
Mon sourire disparu aussitôt. Elle continua :
- Des fois les filles sont tellement accroc, qu'elles restent toute une journée devant la porte, attendant qu'il sorte, pour pouvoir s'expliquer.
- Et lui il fait quoi ? J'étais totalement captivée. C'était la première fois qu'on me parlait de Paul. Et ça m'intéressais de mieux le connaître. Même s'il était plus critiqué qu'autre chose. De toute façon, ici à Paris, on ne fait que critiquer.
- Ben lui il se barre par derrière. Et laisse ces pauvres filles attendent des journées et des journées. Tandis que lui prend du bon temps dans Paris ou à l'étranger. Les plus chanceuses qui ont pu taxer son numéro, le harcèlent de coup de file. Sauf lui, il ne répond jamais. Il filtre les appels. Plus du tout de nouvelles. Certaines sont même persuadées qu'il est mort ou qu'il a déménagé. Avant bien sur de le voir au bras d'une autre, lors d'un gala.
- C'est un crevard. Renchérit Julia.
- Mais de toute façon tu n'as pas à t'en faire, chérie. Puisque tu n'a jamais eu affaire à lui.
Houna m'observait étrangement. Je crois qu'elle avait compris. C'était la moins conne des trois. Ses yeux bleus me regardaient fixement. Elle ne me lâchait plus. Et pour la première fois c'est moi qui détourna la tête la première. Les paroles de Clara m'avait fait réfléchir. Et s'il c'était foutu de ma gueule lui aussi. Après tout, chaque mec avec qui j'avais couché, me rappelais en me suppliant de revenir. J'étais moi même obligée de bloquer leur numéros. Mais lui il ne l'avait pas fait. Je me souviens mettre réveillée une première fois dans ses bras. Je m'étais levé et j'étais aller fumer sur la balcon. Je repensais à la connerie que je venais de faire. Céder trop facilement. De quoi salir une réputation. Lui, il m'avait rejoint et m'avait reproché d'avoir vidé son paquet de clope. Connard. Après ça il avait voulu m'embrasser. Je m'étais reculée. Je ne voulais pas retomber dans ces bras. Je me souviens mettre levée et être allée prendre une douche.
Je me revois encore entrer dans l'immense salle de bain. Vu ce que vient de m'expliquer Houna, c'était un miracle qu'il ne m'avait pas encore foutu à la porte à moitié à poil. Je regardais longuement le verrou. Je ferme. Ou je ne ferme pas. Je ne ferme pas. Je voulais le tester. Voir s'il tenait un minimum à moi. Je me mis sous la douche. Et laissa couler l'eau chaude sur ma tête. J'avais raison. Il ne tarda pas à me rejoindre. Un frisson parcouru mon corps quand je sentis sa
présence derrière moi. Il m'embrassa la nuque, puis les épaules, puis le dos. Il carraissait doucement les cheveux trempés. Je voulais lui faire face. Le regarder droit dans les yeux. Pour qu'il comprenne. Qu'il comprenne que je ne pourrais plus jamais me passer de lui. Pourtant il n'a pas compris. Et continuait de me regarder d'un air pervers. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne sais pas pourquoi. Je repensais à ces dernières heures. Et puis plus rien. Je ne sais pas comment c'est terminait cette matinée. Je me réveillais plus tard de nouveau dans son lit. Mais il n'était pas à côté de moi. Le réveil affichait 18h. Je me levais précipitement et le cherchais des yeux. Puis je me regarda dans le miroir qui me faisait face. J'étais nue. A en voir les traces noirs autour sur mon visage, j'avais pleuré. Vite. Je habillais rapidement. Mon sac, il est où ? Là. Je vérifie que j'ai toute mes affaires. Mon portable. Ma cam. Mon porte-monnaie. Mes lunettes de soleil. Mon paquet de clopes. Mes clés, elles sont où ? J'entendis une porte s'ouvrir en bas. Tant pis pour les clés. Quelqu'un appela mon prénom. C'était Paul qui rentrait de je ne sais où. Il monta les escaliers, il m'appelait encore. Je passais par la deuxième porte donnant dans le petit salon. Et m'enfuis de chez lui. Voilà comment c'était terminé cette journée. Après ça je ne l'ai plus revu. Plus entendu parlé de lui. Il n'appela pas. J'hésitais. Je l'appelle ? Non je ne l'appelle pas. Je supprimais son numéro pour ne pas être tentée. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je tombais amoureuse ? Non. Pas possible. Je le déteste. Je le trouve con et puéril. Et d'après les filles, il est encore plus con que je le croyais. Je décidais de l'oublier. Puis sa douceur et sa façon de me regarder me manquèrent vite. De plus en plus. Je sortais. Je buvais. Je couchais avec des connards. Rien à faire. Il me pourrit l'esprit. Et puis je l'apperçu ,un jour que je faisais mon shopping, à la sortie de l'avenue Champs-Elysée.
Le crépitement et cette lumière rouge. L'odeur, la musique et l'extase une nouvelle fois. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent. Je me remets à boire. A sniffer. A me droguer. A danser. A draguer. J'ai la tête qui tourne. Soudain le vinyle saute. Plus de lumière. Les objets volent. Une vitre explose. Les pots de fleurs tombent. Une bouteille de champagne dans le caniveau. Encore le même frisson. Et puis plus rien.
Encore une soirée qui se termine comme les autres. C'est à dire à quatre pattes dans les toilettes, à vomir tout l'alcool qu'on a pu ingurgiter. Julia me tenant les cheveux. Je fais peine à voir. Je me relève péniblement. Houna me tend un rail de coke. Ça ira mieux après ma dose. Ça y est mes pupilles s'élargissent et mes muscles se détende. Je suis stone. J'aime ça. Où est Clara ? Elle a disparue. Sûrement entrain de se faire sauter par un inconnu. Ou alors peut être entrain de se faire violer. Je m'en fou. Je l'a reverrais le mois prochain, à la fin de sa dépression. Cette soirée est gentillement entrain de se barrer en live. Je ne sais même plus chez qui on est. Tout ce que je sais, c'est qu'on est en septembre. Ça va faire deux mois que je n'ai pas revu Paul. Je m'en tape. Moins je le vois, mieux je me porte. Après m'être réveillée une deuxième fois dans son lit, j'ai flippé tout simplement. Je ne me réveille jamais deux fois dans le lit du même mec. Telle est ma devise. Je suis presque une pute à vrai dire. Non ! Je n'en suis pas une ! Gagner du fric en couchant avec n'importe qui. Moi je ne couche jamais avec n'importe qui. Et j'ai pas besoin de leur argent. J'en ai assez. J'en ai tellement que je ne sais même plus comment le dépenser. Je suis une star. Je regarde autour de moi. D'autres personnes étaient là. Je ne les reconnais pas. Ma vue se brouille. Je laisse couler quelques larmes. Un garçon brun me regarde étrangement. Il a les cheveux en bataille, des yeux bleus perçant. « Paul ? C'est toi ? ». Le garçon recule et se fou de ma gueule. « Elle est complètement défoncée cette conne ». Je l'emmerde. Je les emmerde tous !
Paul me manque. Qu'est ce que je raconte ? J'en ai rien a foutre de lui. Je ne veux pas le revoir. J'ai peur tout d'un coup. Je me sens faible. J'ai besoin de sa voix rassurante. De son regard profond et protecteur. J'ai besoin de lui. Je commence à courir dans le couloir. J'entends Julia qui me crie de m'arrêter. Je panique. Je ne sais plus ce que je fais. Mon sachet de coke tombe à terre. La poudre blanche se repend dans les rainures du parquet. Je perçu Houna lâcher un juron. J'appelle désespèrent Paul. Il ne répond pas. Il n'est pas là. Je deviens complètement folle. Et puis le trou noir. Je perd une nouvelle fois connaissance.
- « Réveilles-toi ! ».
Je sens une douleur sur ma joue. J'ouvre les yeux. Houna, Julia, Clara et co me dévisageais, les yeux ronds. Qu'est ce que j'ai foutu encore.
- De l'air ! Grommelais-je.
- Bon barrez vous y a plus rien a voir. Lança Julia, en râlant.
Je ne sentais plus ma tête. Le tambourinement de la musique me donner des migraines. Il fallait que je calme ça. Je fouillais dans mes poches. J'en sortis un tiquet de cinéma, un billet de 20 euro, et mes clés d'appartement. J'attrapais la manche du blouson de Julia et l'obligea à s'asseoir par terre à côté de moi.
- Ma coke elle est où ?! Marmonnais-je.
Pour toute réponse, elle tendit le doigt vers le sol. Il y avait de la poudre blanche éparpillée partout.
- Super.
- Tu as perdue connaissance Jenna.
- Comment ça se fait ? J'ai trop bu ? L'interrogeais-je.
- Non tu étais complètement défoncé, tu planais à mort. Tu t'es mise à courir dans le couloir et criant « Paul ! Paul ! ». On aurait dit une pauvre folle paumée. Et puis tu t'es affalé sur le sol.
Je ne me rappelais de rien.
- Super. Répétais-je une nouvelle fois.
Julia continuait de me regardait avec des yeux ronds. Complètement paumée elle aussi.
- Arrête de me regarder comme ça ! On dirait que tes yeux vont sortir de leur orbite.
Elle détourna la tête. Puis me regarda une nouvelle fois. Elle me posa La question que je redoutais.
- C'est qui ce Paul ?
J'en étais sur. Peuvent pas ce mêler de leur affaire celles là !
- Personne.
Houna m'observa à son tour. Je remarquais alors sa beauté. Je n'y avait jamais vraiment prêté attention. Ses cheveux bruns étaient ondulés et sa frange lui tombait sur ses yeux bleu lagon. Ses lèvres, étroites mais pulpeuses dévoilaient des dents parfaitement alignées. Pfff, elle avait beau être séduisante, elle ne m'arrive même pas à la cheville.
- Ne Me dit pas qu'il s'agit de Paul Doyle.
Je cru percevoir du regret, du désespoir dans sa voix tremblante. Comme si c'était la fin du monde. Comme si je n'avais pas pu tomber plus bas. Comme si j'avais faite la pire erreur de ma vie. Comme si ce Paul Doyle était la dernière vermine qui pouvait exister. Alors je préférais jouer l'ignorante.
- Qui est ce ? Demandais-je timidement.
- Le diable en personne.
Bof. Le diable, c'est moi. Avais-je rétorquée.
Elles continuèrent de me fixer. Avec des yeux pleins de compassion. Sur le moment je n'ai pas compris pourquoi. Paul n'était pas si horrible. Il n'avait rien de diabolique.
- Pourquoi a t-il cette réputation ? Interrogeais-je.
Ce fut Clara qui me répondit.
- C'est juste un connard fini. Il prend tout le monde pour des merdes. D'après lui, il est supérieur à n'importe qui. J'esquissais un petit sourire. C'était, en effet, une partie de sa personnalité que j'avais remarquée.
- D'ailleurs, continua Clara, non seulement ils ne respectent pas son entourage, mais il manipule salement les filles. Il les drague à mort lors des soirées, fêtes, galas. Et après il les ramènent chez lui. Il se laisse désirer. Tu vois les pauvres filles sont tellement sous son charme qu'elles se jettent littéralement sur lui. Mais il en a rien a foutre. Il les baise comme des putes. Et le lendemain, il les fout à la porte en leur balançant un billet de 100 à la gueule. C'est limite s'il ne leur crache pas dessus.
Mon sourire disparu aussitôt. Elle continua :
- Des fois les filles sont tellement accroc, qu'elles restent toute une journée devant la porte, attendant qu'il sorte, pour pouvoir s'expliquer.
- Et lui il fait quoi ? J'étais totalement captivée. C'était la première fois qu'on me parlait de Paul. Et ça m'intéressais de mieux le connaître. Même s'il était plus critiqué qu'autre chose. De toute façon, ici à Paris, on ne fait que critiquer.
- Ben lui il se barre par derrière. Et laisse ces pauvres filles attendent des journées et des journées. Tandis que lui prend du bon temps dans Paris ou à l'étranger. Les plus chanceuses qui ont pu taxer son numéro, le harcèlent de coup de file. Sauf lui, il ne répond jamais. Il filtre les appels. Plus du tout de nouvelles. Certaines sont même persuadées qu'il est mort ou qu'il a déménagé. Avant bien sur de le voir au bras d'une autre, lors d'un gala.
- C'est un crevard. Renchérit Julia.
- Mais de toute façon tu n'as pas à t'en faire, chérie. Puisque tu n'a jamais eu affaire à lui.
Houna m'observait étrangement. Je crois qu'elle avait compris. C'était la moins conne des trois. Ses yeux bleus me regardaient fixement. Elle ne me lâchait plus. Et pour la première fois c'est moi qui détourna la tête la première. Les paroles de Clara m'avait fait réfléchir. Et s'il c'était foutu de ma gueule lui aussi. Après tout, chaque mec avec qui j'avais couché, me rappelais en me suppliant de revenir. J'étais moi même obligée de bloquer leur numéros. Mais lui il ne l'avait pas fait. Je me souviens mettre réveillée une première fois dans ses bras. Je m'étais levé et j'étais aller fumer sur la balcon. Je repensais à la connerie que je venais de faire. Céder trop facilement. De quoi salir une réputation. Lui, il m'avait rejoint et m'avait reproché d'avoir vidé son paquet de clope. Connard. Après ça il avait voulu m'embrasser. Je m'étais reculée. Je ne voulais pas retomber dans ces bras. Je me souviens mettre levée et être allée prendre une douche.
Je me revois encore entrer dans l'immense salle de bain. Vu ce que vient de m'expliquer Houna, c'était un miracle qu'il ne m'avait pas encore foutu à la porte à moitié à poil. Je regardais longuement le verrou. Je ferme. Ou je ne ferme pas. Je ne ferme pas. Je voulais le tester. Voir s'il tenait un minimum à moi. Je me mis sous la douche. Et laissa couler l'eau chaude sur ma tête. J'avais raison. Il ne tarda pas à me rejoindre. Un frisson parcouru mon corps quand je sentis sa
présence derrière moi. Il m'embrassa la nuque, puis les épaules, puis le dos. Il carraissait doucement les cheveux trempés. Je voulais lui faire face. Le regarder droit dans les yeux. Pour qu'il comprenne. Qu'il comprenne que je ne pourrais plus jamais me passer de lui. Pourtant il n'a pas compris. Et continuait de me regarder d'un air pervers. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne sais pas pourquoi. Je repensais à ces dernières heures. Et puis plus rien. Je ne sais pas comment c'est terminait cette matinée. Je me réveillais plus tard de nouveau dans son lit. Mais il n'était pas à côté de moi. Le réveil affichait 18h. Je me levais précipitement et le cherchais des yeux. Puis je me regarda dans le miroir qui me faisait face. J'étais nue. A en voir les traces noirs autour sur mon visage, j'avais pleuré. Vite. Je habillais rapidement. Mon sac, il est où ? Là. Je vérifie que j'ai toute mes affaires. Mon portable. Ma cam. Mon porte-monnaie. Mes lunettes de soleil. Mon paquet de clopes. Mes clés, elles sont où ? J'entendis une porte s'ouvrir en bas. Tant pis pour les clés. Quelqu'un appela mon prénom. C'était Paul qui rentrait de je ne sais où. Il monta les escaliers, il m'appelait encore. Je passais par la deuxième porte donnant dans le petit salon. Et m'enfuis de chez lui. Voilà comment c'était terminé cette journée. Après ça je ne l'ai plus revu. Plus entendu parlé de lui. Il n'appela pas. J'hésitais. Je l'appelle ? Non je ne l'appelle pas. Je supprimais son numéro pour ne pas être tentée. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait. Je tombais amoureuse ? Non. Pas possible. Je le déteste. Je le trouve con et puéril. Et d'après les filles, il est encore plus con que je le croyais. Je décidais de l'oublier. Puis sa douceur et sa façon de me regarder me manquèrent vite. De plus en plus. Je sortais. Je buvais. Je couchais avec des connards. Rien à faire. Il me pourrit l'esprit. Et puis je l'apperçu ,un jour que je faisais mon shopping, à la sortie de l'avenue Champs-Elysée.
*Chapitre 2*
__Paul:
Je me réveillais comme tout les matins. La bouche pâteuse. Les yeux défoncés. Douleurs et ecchymoses aux bras. J'avais sans doute trop bu, trop fumé, trop baisé... Je ne me souviens plus de ce que j'ai fais hier. Ah si, j'étais invité à une stupide avant première, d'un film stupide avec des acteurs stupides. Pourquoi j'y suis allé ? Je n'en sais rien. L'ennuie m'y a sûrement poussé. Et puis il y a eu cette fille ... Je ne sais plus comment elle s'appelle. Ah si, Jenna. Jenna L. Mannequin admirable, parait il. Bof, toutes les mannequins sont superficielles et camées. Mais celle la, elle a un regard qu'on n'oublie pas. Un regard de mépris, de dédain, de désintérêt total. Le même que le mien. Elle est superbe certes, mais je n'aime pas sa prétention, sa supériorité. Personne ne me domine. Surtout pas une gamine de 19 ans. Je ne l'apprécie pas. Alors pourquoi je l'ai amené chez moi ? Sans doute pour la baiser. Non je ne pense pas. Elle attire ma curiosité, mon attention. Je veux qu'elle m'appartienne. Je La veux.
Je me levais péniblement de mon lit. Elle était déjà debout. Assise sur le balcon. Elle fumait, imperturbable. Démoniaquement belle. Princesse des temps moderne, version junkie. Je m'approchais sans faire de bruit. Histoire de voir sa réaction. Le plancher craqua. Elle se retourna en sursautant. Je rigolais.
- T'es con ! Me dit-elle.
- Je sais.
Je m'installais à côté d'elle sur le banc. Et admirais le paysage. Mon appartement donnait directement vu sur la tour Eiffel et la Seine. De quoi en faire rêver plus d'un. Mais elle, elle avait simplement les yeux dans le vague.
- Tu penses à quoi ? Lui demandais-je.
- A rien.
Dialogue de sourd ! On ne se parlait pas, mais on se comprenait. C'était étrange. Je baissais mon regard sur mon paquet de Marlboro à moitie vidé. Et mon zippo posé à côté.
- Tu te fais pas chier toi ! Lançais-je.
- Non. Répondit elle, tout bonnement.
Et continua de fumer sa cigarette. Elle en avait rien a foutre de ce que je racontais.
- Je te trouve bien insolente !
- Tu ne me connais même pas ! Elle me lança avec un regard de reproche.
- Combien tu pèse ? Lui demandais-je.
- Pourquoi tu me demande ça ? Fit-elle.
- Combien tu pèse ?! Insistais-je.
- 45.
- Qu'est ce que tu aimes dans la vie ?
- Ça rime à quoi cet interrogatoire ?! Elle commence à s'énerver. C'est pas bon signe. Rien a foutre je continue.
- Répond juste ! Tu aimes quoi ?
- Tout sauf toi !
Connasse.
- Très bien, j'en conclue donc que tu pèse 45 kg pour environ 1m75, que tu aimes le cinéma, la bonne musique, le sport, voyager, dessiner, chanter, défiler, la mode, la couture, les desserts chocolatés, la plage, l'équitation, la baise, les bonnes soirées, la coke, la défonce, lire, étudier, manger, courir, rire, les fermes et ses vaches, les partouze en tout genre, bars, troquets, boite de nuit, les connards, tu vois je te connais un peu quand même.
- Tu es pathétique. Elle renifla.
- Je le suis en effet.
- Et toi ? Me questionna t-elle.
- Quoi ?
- Tu aimes quoi au juste à part me pourrir l'existence ? Dit elle, d'un ton ironique.
- Toi.
Elle ne disait plus rien, continuant juste de me fixer. Comme si elle me m'était au défit. Je n'ai pas compris ce qu'elle attendait de moi. Elle voulait encore que je la saute ? Très bien. Je me penchais vers elle pour l'embrasser. Elle recula subitement et se leva d'un coup. Je restais là comme un con vennant de se prendre un râteau.
- Je vais prendre une douche. Dit-elle.
Et elle disparu dans l'encadrement de la porte. Je restais juste là, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Quelle conne. Vraiment. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Je me levais à mon tour et retournais languir sur mon lit. Je chopais la télécommande en passant et allumais l'écran géant. Du sport. Je zappe. Du R&B. Je zappe. Une émission de cuisine. Je zappe. Un défilé de mode. Je zappe. Bande annonce du film la Môme. J'éteins. J'entends l'eau couler depuis tout a l'heure. Elle m'agace avec ses petites manies de pétasse. Je me lève et décide d'entrer dans la salle de bain. J'enclenchais. Elle n'avait pas fermé à clé. Je m'en doutais. J'entrais. Elle se trouvait dans la douche. La vapeur d'eau sur les vitres cachait son corps derrière une sorte de buée. Je pouvais à peine deviner ses courbures. Je retirais ma chemise et mon caleçon en deux, trois mouvements. Je m'admirais une dernière fois dans le miroir et me glissait avec elle sous la douche. Elle ne fut pas du tout surprise. A vrai dire elle s'y attendait. J'embrassais sa nuque, ses épaules. L'eau chaude continuait de couler sur nos deux corps nus. Ses longs cheveux dorés dégoulinaient sur ces hanches parfaitement dessinées. Je continuais de l'embrasser doucement, descendant de plus en plus bas, jusqu'au creux de son dos. Elle ne me laissa pas terminer mon ascension, elle se retourna pour me faire face. Je la fixais. Comme toujours. Je savais qu'elle n'aimait pas ça.
Mais je m'en foutais. Elle était si belle. Ses yeux bleus presque gris, ne renvoyait plus d'éclair, toute colère s'était dissipée. Pendant un bref instant elle me paraissais fragile, vulnérable. Pour tout dire elle me faisait carrément pitié. Mais pas le genre de pitié que j'éprouve pour les personnes misérables, c'est à dire pour les trois quarts de la population française. Non. Elle me donnait juste envie de la protéger. Ses yeux se remplirent de larmes. Et sa lèvre supérieur commençait légèrement à trembler. Je la pris alors dans mes bras pour la réconforter. Je n'avais jamais fait ça auparavant. Elle éclata en sanglots. Cela dura de longues minutes. Ses larmes se mélangèrent avec l'eau, désormais tiède, qui continuait de couler. Elle ne s'arrêta pas de pleurer, alors je l'a pris dans mes bras et la sortie de la douche. Je retirais ma chemise et la reposa sur la chaise. Elle sanglotait encore. Je lui tendis une serviette. Elle la laissa tomber par terre.
Je la regardais incrédule. Qu'est ce qui pouvait bien lui faire tant de peine ? Je ramassais la serviette et la sécha. Elle se laissa faire. J'essuyais le maquillage qui coulait de ses yeux. Même le visage barbouillé de noir, on pouvait difficilement la trouver laide. Ça y est. Ce que je redoutais arriva. Ses mains se mirent a trembler. Ses dents grinçaient. Son corps entier fut parcouru de petits tressautements. Et ses larmes se firent de plus en plus prononcées. Elle était en manque. Tout simplement. Enfin si je puis me permettre. Je la soulevais de nouveau et la porta jusqu'à mon lit. Je la mis sous la couette et essaya de la calmer. Je n'avais rien à lui donner de toute manière. Je ne consommais pas de coke. Il fallait juste qu'elle se calme. Je lui chantonnais doucement Rock n roll suicide de Bowie. Pas très gaie tout ça, mais c'est une des seules chansons dont je connaisse les paroles. Qu'est ce qu'il m'arrive ? Je suis entrain de chanter du Bowie pour calmer une pauvre fille droguée à peine majeure que j'ai ramassé lors d'un gala absurde.
Je ne devenais vraiment pas net. Qu'est ce qu'elle m'avait fait ... Je l'a vis fermer les yeux. Elle esquissa un léger sourire que je pu a peine apercevoir. Et elle s'endormit tombant dans le néant.
Je me réveillais comme tout les matins. La bouche pâteuse. Les yeux défoncés. Douleurs et ecchymoses aux bras. J'avais sans doute trop bu, trop fumé, trop baisé... Je ne me souviens plus de ce que j'ai fais hier. Ah si, j'étais invité à une stupide avant première, d'un film stupide avec des acteurs stupides. Pourquoi j'y suis allé ? Je n'en sais rien. L'ennuie m'y a sûrement poussé. Et puis il y a eu cette fille ... Je ne sais plus comment elle s'appelle. Ah si, Jenna. Jenna L. Mannequin admirable, parait il. Bof, toutes les mannequins sont superficielles et camées. Mais celle la, elle a un regard qu'on n'oublie pas. Un regard de mépris, de dédain, de désintérêt total. Le même que le mien. Elle est superbe certes, mais je n'aime pas sa prétention, sa supériorité. Personne ne me domine. Surtout pas une gamine de 19 ans. Je ne l'apprécie pas. Alors pourquoi je l'ai amené chez moi ? Sans doute pour la baiser. Non je ne pense pas. Elle attire ma curiosité, mon attention. Je veux qu'elle m'appartienne. Je La veux.
Je me levais péniblement de mon lit. Elle était déjà debout. Assise sur le balcon. Elle fumait, imperturbable. Démoniaquement belle. Princesse des temps moderne, version junkie. Je m'approchais sans faire de bruit. Histoire de voir sa réaction. Le plancher craqua. Elle se retourna en sursautant. Je rigolais.
- T'es con ! Me dit-elle.
- Je sais.
Je m'installais à côté d'elle sur le banc. Et admirais le paysage. Mon appartement donnait directement vu sur la tour Eiffel et la Seine. De quoi en faire rêver plus d'un. Mais elle, elle avait simplement les yeux dans le vague.
- Tu penses à quoi ? Lui demandais-je.
- A rien.
Dialogue de sourd ! On ne se parlait pas, mais on se comprenait. C'était étrange. Je baissais mon regard sur mon paquet de Marlboro à moitie vidé. Et mon zippo posé à côté.
- Tu te fais pas chier toi ! Lançais-je.
- Non. Répondit elle, tout bonnement.
Et continua de fumer sa cigarette. Elle en avait rien a foutre de ce que je racontais.
- Je te trouve bien insolente !
- Tu ne me connais même pas ! Elle me lança avec un regard de reproche.
- Combien tu pèse ? Lui demandais-je.
- Pourquoi tu me demande ça ? Fit-elle.
- Combien tu pèse ?! Insistais-je.
- 45.
- Qu'est ce que tu aimes dans la vie ?
- Ça rime à quoi cet interrogatoire ?! Elle commence à s'énerver. C'est pas bon signe. Rien a foutre je continue.
- Répond juste ! Tu aimes quoi ?
- Tout sauf toi !
Connasse.
- Très bien, j'en conclue donc que tu pèse 45 kg pour environ 1m75, que tu aimes le cinéma, la bonne musique, le sport, voyager, dessiner, chanter, défiler, la mode, la couture, les desserts chocolatés, la plage, l'équitation, la baise, les bonnes soirées, la coke, la défonce, lire, étudier, manger, courir, rire, les fermes et ses vaches, les partouze en tout genre, bars, troquets, boite de nuit, les connards, tu vois je te connais un peu quand même.
- Tu es pathétique. Elle renifla.
- Je le suis en effet.
- Et toi ? Me questionna t-elle.
- Quoi ?
- Tu aimes quoi au juste à part me pourrir l'existence ? Dit elle, d'un ton ironique.
- Toi.
Elle ne disait plus rien, continuant juste de me fixer. Comme si elle me m'était au défit. Je n'ai pas compris ce qu'elle attendait de moi. Elle voulait encore que je la saute ? Très bien. Je me penchais vers elle pour l'embrasser. Elle recula subitement et se leva d'un coup. Je restais là comme un con vennant de se prendre un râteau.
- Je vais prendre une douche. Dit-elle.
Et elle disparu dans l'encadrement de la porte. Je restais juste là, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Quelle conne. Vraiment. Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Je me levais à mon tour et retournais languir sur mon lit. Je chopais la télécommande en passant et allumais l'écran géant. Du sport. Je zappe. Du R&B. Je zappe. Une émission de cuisine. Je zappe. Un défilé de mode. Je zappe. Bande annonce du film la Môme. J'éteins. J'entends l'eau couler depuis tout a l'heure. Elle m'agace avec ses petites manies de pétasse. Je me lève et décide d'entrer dans la salle de bain. J'enclenchais. Elle n'avait pas fermé à clé. Je m'en doutais. J'entrais. Elle se trouvait dans la douche. La vapeur d'eau sur les vitres cachait son corps derrière une sorte de buée. Je pouvais à peine deviner ses courbures. Je retirais ma chemise et mon caleçon en deux, trois mouvements. Je m'admirais une dernière fois dans le miroir et me glissait avec elle sous la douche. Elle ne fut pas du tout surprise. A vrai dire elle s'y attendait. J'embrassais sa nuque, ses épaules. L'eau chaude continuait de couler sur nos deux corps nus. Ses longs cheveux dorés dégoulinaient sur ces hanches parfaitement dessinées. Je continuais de l'embrasser doucement, descendant de plus en plus bas, jusqu'au creux de son dos. Elle ne me laissa pas terminer mon ascension, elle se retourna pour me faire face. Je la fixais. Comme toujours. Je savais qu'elle n'aimait pas ça.
Mais je m'en foutais. Elle était si belle. Ses yeux bleus presque gris, ne renvoyait plus d'éclair, toute colère s'était dissipée. Pendant un bref instant elle me paraissais fragile, vulnérable. Pour tout dire elle me faisait carrément pitié. Mais pas le genre de pitié que j'éprouve pour les personnes misérables, c'est à dire pour les trois quarts de la population française. Non. Elle me donnait juste envie de la protéger. Ses yeux se remplirent de larmes. Et sa lèvre supérieur commençait légèrement à trembler. Je la pris alors dans mes bras pour la réconforter. Je n'avais jamais fait ça auparavant. Elle éclata en sanglots. Cela dura de longues minutes. Ses larmes se mélangèrent avec l'eau, désormais tiède, qui continuait de couler. Elle ne s'arrêta pas de pleurer, alors je l'a pris dans mes bras et la sortie de la douche. Je retirais ma chemise et la reposa sur la chaise. Elle sanglotait encore. Je lui tendis une serviette. Elle la laissa tomber par terre.
Je la regardais incrédule. Qu'est ce qui pouvait bien lui faire tant de peine ? Je ramassais la serviette et la sécha. Elle se laissa faire. J'essuyais le maquillage qui coulait de ses yeux. Même le visage barbouillé de noir, on pouvait difficilement la trouver laide. Ça y est. Ce que je redoutais arriva. Ses mains se mirent a trembler. Ses dents grinçaient. Son corps entier fut parcouru de petits tressautements. Et ses larmes se firent de plus en plus prononcées. Elle était en manque. Tout simplement. Enfin si je puis me permettre. Je la soulevais de nouveau et la porta jusqu'à mon lit. Je la mis sous la couette et essaya de la calmer. Je n'avais rien à lui donner de toute manière. Je ne consommais pas de coke. Il fallait juste qu'elle se calme. Je lui chantonnais doucement Rock n roll suicide de Bowie. Pas très gaie tout ça, mais c'est une des seules chansons dont je connaisse les paroles. Qu'est ce qu'il m'arrive ? Je suis entrain de chanter du Bowie pour calmer une pauvre fille droguée à peine majeure que j'ai ramassé lors d'un gala absurde.
Je ne devenais vraiment pas net. Qu'est ce qu'elle m'avait fait ... Je l'a vis fermer les yeux. Elle esquissa un léger sourire que je pu a peine apercevoir. Et elle s'endormit tombant dans le néant.
dimanche 18 octobre 2009
*Chapitre 1*
__Jenna :
Mon nom est Jenna. Jenna Livingston. Vous avez déjà entendu parler de moi, c'est obligé. Mon nom est connu dans tout Paris, toute la France même. Vous m'avez déjà vu sur les couvertures de Grazia, Vogue, CitizenK, ou encore Elle.
" Notre nouvelle star de la mode, Jenna Livingston, d'une beauté à vous couper le souffle. Sa grâce est désarmante, ensorcelante. il serrait bien difficile de faire l'inventaire complet de sa panoplie de séductrice. Son corps jeune et souple, avec une taille de guêpe, de longues jambes galbées et des courbes douces et harmonieuses font rêver tout grands créateurs de mode, qui ne veulent qu'un seule chose : Elle. Il faudrait être de marbre pour rester insensible à l'ovale parfait de son visage, à ses lèvres vermeilles et toujours humides, à ses dents régulières et d'une blancheur éblouissante, à ses pommettes roses et légèrement saillantes. Mais ce sont ses yeux langoureux, d'une profondeur insondable, en forme d'amandes, qui constituent son arme de séduction et de distinction absolue.. et blablabla "
Voilà ce que les journaux disent à mon sujets. Je suis aimée, et j'aime ça. Pourtant quand je me regarde dans mon miroir, je ne vois qu'une pauvre fille de 19 ans, 1m75 pour seulement 45kg. Les cheveux emmêlés. Le teint blanchâtre. La lèvre supérieure qui tremble. Les yeux explosés à cause de la coke... Vous me trouvez égocentrique, voir narcissique ? Vous avez entièrement raison. Je le suis. Consciente de ma beauté et de mon pouvoir, je ne peux m'empêcher d'avoir une attitude hautaine et désagréable à certains égards. N'oubliez pas que dédain et beauté sont inséparables. Capricieuse, exigeante, je le suis volontiers, mais c'est plutôt par la faute des hommes, par leur comportement peu digne. Ils m'incitent à avoir des désirs farfelus et font de nombreux effort pour les satisfaire afin d'obtenir mes faveurs. Seulement, mes faveurs, ils ne les auront jamais. Personne ne les méritent. Je n'appartiens à personne. C'est ce que je croyais avant de l'avoir rencontré, lui.
Paul Doyle, jeune millionnaire de 25 ans, bel homme, mince, grand. La chevelure abondante, le front haut, les yeux toujours grands ouverts et qui reflètent une lueur de malice. La voix grave et vibrante lui donne un charme irrésistible, celui au quelle toute femme vraiment sensuelle aurait du mal à résister. Je l'ai rencontré lors d'une avant première du film "La Môme". Bien sur étant donné que j'ai de nombreuses connaissances, je fréquente tout les grands événement de Paris. Après s'être présenté, il s'était permis de s'installer à ma table. J'ai su directement à qui j'avais à faire... L'ambition est la trame de la vie de cet homme. Elle peut se traduire à tous les niveaux et dans tous les secteurs d'activité où il peut se trouver. Que ce soit gagner beaucoup d'argent, collectionner des tas de diplômes ou de rubans, séduire le plus grand nombre de femmes possible .. tout moyen lui semble bon, pourvu qu'il lui permette de briller. Il veut être partout le premier, le plus grand, le plus célèbre. Il a besoin d'être applaudi, respecté, vénéré. Il est constamment obsédé par la réussite.
Seulement, moi, je n'aime pas que l'on me fasse de l'ombre. A voir son comportement, son attitude de supériorité, son air de suffisance et le ton péremptoire de ses propos, je ne pourrais m'entendre avec lui. Il m' insupportait comme jamais personne ne m'avait insupporté auparavant. Ce qui m'intriguait d'avantage, c'était la façon dont il me regardait. Il n'avait pas besoin de parler, tout se passait dans le regard. Son regard perçant,mais d'un côté si rassurant. J'y voyais une personne que je ne connaissais que trop bien. Exactement les mêmes idées, exactement la même façon de voir les choses, la même arrogance, la même fierté. J'avais juste l'impression de voir mon double en face de moi. Mon double, voilà ce qu'il était. Le seul qui puisse me comprendre. Je le déteste.
- Qu'est ce que tu regardes comme ça ? Lui demandais-je d'un ton peu aimable.
- Toi. Dit-il simplement.
Et il continua de m'observer. Je n'aime pas ça. Et il le sait, j'en suis sûr. Quel con. Il m'énerve. Mais j'essaye de préserver mon calme. J'aperçois au loin, Gérard Depardieu, Pascal Greggory, et Marion Cotillard. Je lui fis un signe de main. Elle me reconnu et me sourit.
- Bonsoir Marion. Je lui tape la bise.
- Bonsoir Jen'.
Elle avait belle allure dans sa robe Balenciaga et ses chaussures Gucci. Malheureusement pour elle, ma Emanuel Ungaro était beaucoup plus élégante et épousait parfaitement les courbes de mon corps. Ma classe n'avait aucune limite. Et personne ne pouvait l'égaler.
- Jolie robe. Balenciaga ?
- Oui merci, la tienne Ungaro ?
- Évidemment. Répondais-je en levant les yeux au ciel.
Olivier Dahan s'approcha et s'incrusta dans notre conversation. Voulant me faire la bise, je préférais lui tendre la main. Hébété, il me la serra et me sourit.
- Quelle bonne surprise Jenna, de vous voir ici.
- Et en quoi cela est une surprise ? Lui demandais-je d'un ton mauvais. Je suis invitée partout.
Je remarquais le petit ricanement qu'émit Paul. Et un sourire médisant se dessina sur mes lèvres.
- Naturellement. Répondit il, manifestement troublé par mon hostilité.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, et attrapa ma coupe de champagne que je vidais d'un seul jet.
- Ah tiens bonsoir Paul. Dit Olivier, d'un ton jovial.
Paul ne lui répondit pas non plus. Il restait là, à me fixer, toujours avec son sourire malsain et pervers. Un silence gênant s'installa. Je regardais tour à tour Paul, Marion, Olivier. Leur air niais m'énerva davantage. Alors je me levais, prétextant vouloir aller aux toilettes.
- Oh ! Eh bien bonne soirée Jenna. Je fus très content de vous revoir.
- Oué oué. Répondais-je insolemment.
Hypocrite ! J'étais vraiment odieuse et exécrable. Pourtant je m'en donnais à cœur joie de faire ressortir ce trais de ma personnalité. Je marchais, chancelante. Interpella un jeune serveur et lui demanda où se trouvait les toilettes. J'ai sûrement dû l'insulter de connard par la suite, à cause de son incompétence totale. Je me rapprochai de la petite porte verte sur laquelle un écriteau indiquait "Toilettes". Je poussais le battant. Je fus étonné par la malpropreté des lieux. Ils y avait un vieux cendrier plein à ras bord, une poubelle dégueulasse, pleine elle aussi, du PQ par terre, les miroirs sales. Je m'enfermais dans la cabine du fond. J'abaissais la cuvette. Y posais mon sac et fouillais à l'intérieur. J'en sortis ma cam et un billet de 100 euro. Mes mains tremblaient. Je déchirais mon sachet de coke et en fit tomber à côté. « Merde » J'étalais la poudre blanche restante en deux rails égaux. Je roulais mon billet de sorte à en faire une paille, et sniffait tout ce qu'il restait. Je m'assis par terre et posa ma tête contre le mur. Je me sentais mieux, beaucoup mieux. La musique Olympic Airways de Foals résonnait dans ma tête. Je fermais les yeux de satisfactions. Et claquais des doigts en rythme avec la musique. Seulement, le bruit que faisait le jeune couple entrain de baiser dans la cabine d'à coté me fit vite revenir à la réalité. Je partis dans un rire euphorique. Puis mes rires se transformèrent vite en pleurs. Et d'un seul coup, je maudis ma défunte mère de m'avoir donné la vie. Je me relevais avec peine, me lavais les mains dans l'évier, qui ressemblait plus à une mangeoire pour porcs. Je vérifiais mon visage dans la glace, et essuyais mes larmes. Je me dirigeais vers la sortie et m'arrêtais devant la porte des toilettes du jeune couple, imaginant de qui il pouvait bien s'agir. J'aurais voulu donner un coup de pied dans celle ci pour les faire taire, mais j'aurais sûrement abîmés mes Dior...
Je sortis alors des toilettes titubant jusqu'à ma table et m'assis de nouveau en face de Paul. Il n'avait pas bougé depuis tout ce temps et me fixa à nouveau. Je reniflais légèrement. Il était le seul à l'avoir vu. Les autres s'en foutait, lui non. Il me regardait avec dédain comme si le dégoûtait. Je l'emmerde. Les lumières s'estompèrent et la salle fut plongée dans le noir. Je me tournais vers le grand écran. Le film commença.
Je me suis emmerdée pendant deux longues heures. Un nombre considérable de personnes avaient été touchées par Marion C. dans son rôle D'Édith Piaf. Néanmoins, il faut avouer qu'elle jouait formidablement bien. Mais qu'est ce que c'était long !
La môme, enfant du spectacle, née dans la misére. Sa mère trop minable pour l'élever, la confie à sa grand-mère. Seulement, celle ci, qui ne songe qu'a boire, ne s'en occupe pas, laissant la pauvre gosse dans la saleté, ignorant l'eau et l'hygiène. Elle grandit dans la crasse et la pitié. Doté d'une personnalité hors norme, elle inspire de nombreux compositeurs, fut le mentor de nombreux jeunes artistes et connu une renommée internationnale, malgrè une fin de carrière rendue difficile par de grave problèmes de santé.
Bizarrement je me reconnais dans son histoire. C'est pratiquement la mienne. Excepté, bien sur, "enfant du spectacle" et " graves problèmes de santé", même si, contrairement aux apparences, je ne suis pas encore morte ou du moins pas complètement.
A la sortie, les meilleurs photographes de la ville c'étaient donné rendez vous. On fut accueilli par une pluie de flashs. Marion C, faisant de grand sourires aux journalistes qui l'interviewaient. Mon regard s'attarda derechef sur la personne qui était amarrée à son bras. Guillaume Canet.. Une des rares stars dont je n'avais jamais fait la connaissance. Une des rares stars qui avait le plus d'allure ce soir. Une main se referma sur mon poignet, ce qui me fit sortir de mes rêveries. Ce n'était pas Guillaume Canet mais presque. Paul se tenait à mes côtés. Je dégageais alors mon bras d'un petit coup sec.
- Je te ramène. Fit-il sobrement.
- Non merci, j'ai un chauffeur. Sifflais-je.
- Ce n'était pas une question. Je te ramène.
Il m'ouvrit la portière de sa Ferrari noire. Je le regardais, insolemment, droit dans les yeux. Il ne broncha pas. Pour qui il se prend ? Je n'aime pas son assurance. Mais son regard me fit clairement comprendre que je n'avais, hélas, pas le choix. Finalement, je montais dans sa voiture. Les photographes s'agglutinèrent autour de nous. Paul rétracta le toit et remonta les vitres teintées. Et d'un seul coup on fut coupé du monde extérieur. il me proposa une cigarette, que j'acceptais volontiers. Il sortit son paquet et en retira deux. Je l'a mis entre mes lèvres et l'alluma à l'aide de son Zippo. J'aspirais la fumée et la recrachait lentement. Il me regardait. Encore et toujours.
- Pourquoi tu me regarde sans cesse comme ça ? Lui demandais-je aimablement cette fois çi.
- Surement parce que tu me plais. Dit -il simplement.
Safranchise et sa naïveté m'intriguait. Mais il faut reconnaitre qu'il m'interessait également.
- Je plais à énormément de personnes. Dis-je d'un ton revêche.
- Je n'en doute pas.
- Pourquoi crois-tu que tu m'interesserais plus qu'un autre ? Toujours sur le même ton désagrèable.
- Parce que tu ne serais pas montée dans la voiture.
J'esquissais un lèger sourire, qui me trahit aussitôt.
- J'ai raison n'est ce pas ? Me demanda t-il moqueur.
- Si c'est un reproche que tu me fais, je peux très bien descendre de ta bagnole. Sifflais-je, menaçante.
-Non. Tu y es, tu y reste.
Il démarra le moteur et se dégagea de la foule. J'entendis très distinctement le petit clic qui signifiait la fermeture automatique des portes. Il roulait désormais dans la rue Saint Denis. J'observais les bars, les lumières des vitrines, défiler sous mes yeux. De plus en plus vite. Je jetais un œil au compteur de vitesse. Il affichait 110. Mais cela m'était complètement égal.
- Tu vas où au juste ? Tu ne sais même pas où j'habite.
- On va chez moi. Me répondit-il sans même me regarder.
- Je vois où tu veux en venir. Je ne suis pas une pute ! Lançais-je agressivement.
- Je le sais. Si je te considérais comme étant une pute, je ne prendrais pas la peine de t'emmener chez moi et je t'aurais sauté directement sur le trottoir.
Je le regardais, ahurie. Personne ne m'avait jamais parlé comme ça. Personne n'avait jamais osé me parler comme ça. Avec autant de dédain et de mépris. Je décidais alors de me taire jusqu'à chez lui. Je m'avisais même de le regarder. Je jouais l'indifférente, qui en avait rien à foutre. Pourtant j'avais l'impression que même un gosse de 10 ans ne m'aurait pas cru. Lui non plus ne me lança pas un seul regard. Ce qui me contrariait d'avantages. Lui qui ne m'avait pas lâché de la soirée, ne me prêtait plus aucune attention. C'était déstabilisant, déroutant. Au bout de 15 min de route, il gara sa voiture le long du trottoir devant une immense maison. Il sortie le premier de la voiture et vint m'ouvrir la porte. Il m'accompagna jusqu'à la porte d'entré en me tenant le bras, sûrement de peur que je me sauve en courant et saute dans le premier taxi. De toute façon je ne l'aurais pas fait. J'ai confiance en lui. Certainement un peu trop. Il introduisit sa clé et la fit tourner dans la serrure. La porte s'ouvrait. J'hésitais. Il me lança un regard de défit. ça m'a agacé, j'entrais alors un long couloir noir. J'entendis la porte se refermer derrière moi et tout d'un coup le couloir s'éclaira. Il m'emmena jusqu'à à la cuisine. Elle était moderne, de bon gout.
- Assis toi.
Au ton de sa voix j'en concluais que ce n'était toujours pas une question. Alors je m'assis sans faire d'histoire.
- Tu veux boire quelque chose ? me demanda t-il, cette fois çi d'une voix douce.
- Oui, je veux une vodka glace.
- On t'as jamais appris la politesse ? Plainsanta t-il.
- Et toi ? Ripostais-je sévérement.
Il rigola.
- Non , on ne m'a jamais rien appris. A part bien baiser.
Il rigola de plus belle. Son rire était agréable à entendre. Je me sentais en sécurité. Alors j'eus envie de rire avec lui.
- Tu sais, c'est la première fois que je t'entends rire. Il avala une longue gorgée.
- Je ne ris pas souvent.
- Et c'est bien dommage.
Je lui souriais. On vida nos verres en silence. Mais ce n'était pas le genre de silence gênant. C'était le genre de silence apaisant. Quand je reposais le mien, il me dévisageait et me fit signe de le rejoindre de l'autre côté du comptoir. Je lui obéis, sans dire mot. Il planta son regard dans le mien et je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés comme ça. Je savais ce qu'il attendait de moi. Et vis versa. Pourtant j'aime faire attendre les hommes, les faire courir un peu. Mais là je ne tenais plus. Je pris son visage dans mes mains et porta ma bouche à ses lèvres. Il enlaça ma taille de ses bras et me serra contre lui. Notre baiser était explosif. Je lui mordillais tour à tour la lèvre supérieure et inférieure. De plus en plus violemment. Il me fit reculer jusqu'à ce que mon dos heurte le comptoir. Je poussais un petit gémissement. Il me souleva et me posa sur le bar et j'enroulais mes jambes autour de son bassin. Il retira ma robe avec hâte, presque en la déchirant. Mais je m'en foutais de ma robe Ungaro. Tout ce que je voulais c'était lui. Je continuais de l'embrasser tout en lui enlevant à son tour sa chemise. Il me bascula sur la bar, faisant tomber nos deux verres à terre. Il retira mon soutien-gorge et je me retrouvais nue devant lui. Il m'embrassait sensuellement dans le coup descendant sur ma poitrine puis sur mon ventre. Sa langue explora chaque partie de mon corps. Je passais mes mains dans ces cheveux. J'étais en extase. J'avais envie d'une overdose de baise. Je lui griffais légèrement le dos. L'excitation était à son comble. Et tout d'un coup, je le sentis en moi. Il me pénétra avec une telle force que je ne pu m'empêcher d'émettre un cri de plaisir. Je resserrais mon étreinte, lui faisant comprendre que la cadence était encore trop lente. J'avais couché avec des mecs, de nombreux. Mais là ce n'était pas pareil. Je ne contrôlais plus mon corps. Je ne contrôlais plus rien ...
Mon nom est Jenna. Jenna Livingston. Vous avez déjà entendu parler de moi, c'est obligé. Mon nom est connu dans tout Paris, toute la France même. Vous m'avez déjà vu sur les couvertures de Grazia, Vogue, CitizenK, ou encore Elle.
" Notre nouvelle star de la mode, Jenna Livingston, d'une beauté à vous couper le souffle. Sa grâce est désarmante, ensorcelante. il serrait bien difficile de faire l'inventaire complet de sa panoplie de séductrice. Son corps jeune et souple, avec une taille de guêpe, de longues jambes galbées et des courbes douces et harmonieuses font rêver tout grands créateurs de mode, qui ne veulent qu'un seule chose : Elle. Il faudrait être de marbre pour rester insensible à l'ovale parfait de son visage, à ses lèvres vermeilles et toujours humides, à ses dents régulières et d'une blancheur éblouissante, à ses pommettes roses et légèrement saillantes. Mais ce sont ses yeux langoureux, d'une profondeur insondable, en forme d'amandes, qui constituent son arme de séduction et de distinction absolue.. et blablabla "
Voilà ce que les journaux disent à mon sujets. Je suis aimée, et j'aime ça. Pourtant quand je me regarde dans mon miroir, je ne vois qu'une pauvre fille de 19 ans, 1m75 pour seulement 45kg. Les cheveux emmêlés. Le teint blanchâtre. La lèvre supérieure qui tremble. Les yeux explosés à cause de la coke... Vous me trouvez égocentrique, voir narcissique ? Vous avez entièrement raison. Je le suis. Consciente de ma beauté et de mon pouvoir, je ne peux m'empêcher d'avoir une attitude hautaine et désagréable à certains égards. N'oubliez pas que dédain et beauté sont inséparables. Capricieuse, exigeante, je le suis volontiers, mais c'est plutôt par la faute des hommes, par leur comportement peu digne. Ils m'incitent à avoir des désirs farfelus et font de nombreux effort pour les satisfaire afin d'obtenir mes faveurs. Seulement, mes faveurs, ils ne les auront jamais. Personne ne les méritent. Je n'appartiens à personne. C'est ce que je croyais avant de l'avoir rencontré, lui.
Paul Doyle, jeune millionnaire de 25 ans, bel homme, mince, grand. La chevelure abondante, le front haut, les yeux toujours grands ouverts et qui reflètent une lueur de malice. La voix grave et vibrante lui donne un charme irrésistible, celui au quelle toute femme vraiment sensuelle aurait du mal à résister. Je l'ai rencontré lors d'une avant première du film "La Môme". Bien sur étant donné que j'ai de nombreuses connaissances, je fréquente tout les grands événement de Paris. Après s'être présenté, il s'était permis de s'installer à ma table. J'ai su directement à qui j'avais à faire... L'ambition est la trame de la vie de cet homme. Elle peut se traduire à tous les niveaux et dans tous les secteurs d'activité où il peut se trouver. Que ce soit gagner beaucoup d'argent, collectionner des tas de diplômes ou de rubans, séduire le plus grand nombre de femmes possible .. tout moyen lui semble bon, pourvu qu'il lui permette de briller. Il veut être partout le premier, le plus grand, le plus célèbre. Il a besoin d'être applaudi, respecté, vénéré. Il est constamment obsédé par la réussite.
Seulement, moi, je n'aime pas que l'on me fasse de l'ombre. A voir son comportement, son attitude de supériorité, son air de suffisance et le ton péremptoire de ses propos, je ne pourrais m'entendre avec lui. Il m' insupportait comme jamais personne ne m'avait insupporté auparavant. Ce qui m'intriguait d'avantage, c'était la façon dont il me regardait. Il n'avait pas besoin de parler, tout se passait dans le regard. Son regard perçant,mais d'un côté si rassurant. J'y voyais une personne que je ne connaissais que trop bien. Exactement les mêmes idées, exactement la même façon de voir les choses, la même arrogance, la même fierté. J'avais juste l'impression de voir mon double en face de moi. Mon double, voilà ce qu'il était. Le seul qui puisse me comprendre. Je le déteste.
- Qu'est ce que tu regardes comme ça ? Lui demandais-je d'un ton peu aimable.
- Toi. Dit-il simplement.
Et il continua de m'observer. Je n'aime pas ça. Et il le sait, j'en suis sûr. Quel con. Il m'énerve. Mais j'essaye de préserver mon calme. J'aperçois au loin, Gérard Depardieu, Pascal Greggory, et Marion Cotillard. Je lui fis un signe de main. Elle me reconnu et me sourit.
- Bonsoir Marion. Je lui tape la bise.
- Bonsoir Jen'.
Elle avait belle allure dans sa robe Balenciaga et ses chaussures Gucci. Malheureusement pour elle, ma Emanuel Ungaro était beaucoup plus élégante et épousait parfaitement les courbes de mon corps. Ma classe n'avait aucune limite. Et personne ne pouvait l'égaler.
- Jolie robe. Balenciaga ?
- Oui merci, la tienne Ungaro ?
- Évidemment. Répondais-je en levant les yeux au ciel.
Olivier Dahan s'approcha et s'incrusta dans notre conversation. Voulant me faire la bise, je préférais lui tendre la main. Hébété, il me la serra et me sourit.
- Quelle bonne surprise Jenna, de vous voir ici.
- Et en quoi cela est une surprise ? Lui demandais-je d'un ton mauvais. Je suis invitée partout.
Je remarquais le petit ricanement qu'émit Paul. Et un sourire médisant se dessina sur mes lèvres.
- Naturellement. Répondit il, manifestement troublé par mon hostilité.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, et attrapa ma coupe de champagne que je vidais d'un seul jet.
- Ah tiens bonsoir Paul. Dit Olivier, d'un ton jovial.
Paul ne lui répondit pas non plus. Il restait là, à me fixer, toujours avec son sourire malsain et pervers. Un silence gênant s'installa. Je regardais tour à tour Paul, Marion, Olivier. Leur air niais m'énerva davantage. Alors je me levais, prétextant vouloir aller aux toilettes.
- Oh ! Eh bien bonne soirée Jenna. Je fus très content de vous revoir.
- Oué oué. Répondais-je insolemment.
Hypocrite ! J'étais vraiment odieuse et exécrable. Pourtant je m'en donnais à cœur joie de faire ressortir ce trais de ma personnalité. Je marchais, chancelante. Interpella un jeune serveur et lui demanda où se trouvait les toilettes. J'ai sûrement dû l'insulter de connard par la suite, à cause de son incompétence totale. Je me rapprochai de la petite porte verte sur laquelle un écriteau indiquait "Toilettes". Je poussais le battant. Je fus étonné par la malpropreté des lieux. Ils y avait un vieux cendrier plein à ras bord, une poubelle dégueulasse, pleine elle aussi, du PQ par terre, les miroirs sales. Je m'enfermais dans la cabine du fond. J'abaissais la cuvette. Y posais mon sac et fouillais à l'intérieur. J'en sortis ma cam et un billet de 100 euro. Mes mains tremblaient. Je déchirais mon sachet de coke et en fit tomber à côté. « Merde » J'étalais la poudre blanche restante en deux rails égaux. Je roulais mon billet de sorte à en faire une paille, et sniffait tout ce qu'il restait. Je m'assis par terre et posa ma tête contre le mur. Je me sentais mieux, beaucoup mieux. La musique Olympic Airways de Foals résonnait dans ma tête. Je fermais les yeux de satisfactions. Et claquais des doigts en rythme avec la musique. Seulement, le bruit que faisait le jeune couple entrain de baiser dans la cabine d'à coté me fit vite revenir à la réalité. Je partis dans un rire euphorique. Puis mes rires se transformèrent vite en pleurs. Et d'un seul coup, je maudis ma défunte mère de m'avoir donné la vie. Je me relevais avec peine, me lavais les mains dans l'évier, qui ressemblait plus à une mangeoire pour porcs. Je vérifiais mon visage dans la glace, et essuyais mes larmes. Je me dirigeais vers la sortie et m'arrêtais devant la porte des toilettes du jeune couple, imaginant de qui il pouvait bien s'agir. J'aurais voulu donner un coup de pied dans celle ci pour les faire taire, mais j'aurais sûrement abîmés mes Dior...
Je sortis alors des toilettes titubant jusqu'à ma table et m'assis de nouveau en face de Paul. Il n'avait pas bougé depuis tout ce temps et me fixa à nouveau. Je reniflais légèrement. Il était le seul à l'avoir vu. Les autres s'en foutait, lui non. Il me regardait avec dédain comme si le dégoûtait. Je l'emmerde. Les lumières s'estompèrent et la salle fut plongée dans le noir. Je me tournais vers le grand écran. Le film commença.
Je me suis emmerdée pendant deux longues heures. Un nombre considérable de personnes avaient été touchées par Marion C. dans son rôle D'Édith Piaf. Néanmoins, il faut avouer qu'elle jouait formidablement bien. Mais qu'est ce que c'était long !
La môme, enfant du spectacle, née dans la misére. Sa mère trop minable pour l'élever, la confie à sa grand-mère. Seulement, celle ci, qui ne songe qu'a boire, ne s'en occupe pas, laissant la pauvre gosse dans la saleté, ignorant l'eau et l'hygiène. Elle grandit dans la crasse et la pitié. Doté d'une personnalité hors norme, elle inspire de nombreux compositeurs, fut le mentor de nombreux jeunes artistes et connu une renommée internationnale, malgrè une fin de carrière rendue difficile par de grave problèmes de santé.
Bizarrement je me reconnais dans son histoire. C'est pratiquement la mienne. Excepté, bien sur, "enfant du spectacle" et " graves problèmes de santé", même si, contrairement aux apparences, je ne suis pas encore morte ou du moins pas complètement.
A la sortie, les meilleurs photographes de la ville c'étaient donné rendez vous. On fut accueilli par une pluie de flashs. Marion C, faisant de grand sourires aux journalistes qui l'interviewaient. Mon regard s'attarda derechef sur la personne qui était amarrée à son bras. Guillaume Canet.. Une des rares stars dont je n'avais jamais fait la connaissance. Une des rares stars qui avait le plus d'allure ce soir. Une main se referma sur mon poignet, ce qui me fit sortir de mes rêveries. Ce n'était pas Guillaume Canet mais presque. Paul se tenait à mes côtés. Je dégageais alors mon bras d'un petit coup sec.
- Je te ramène. Fit-il sobrement.
- Non merci, j'ai un chauffeur. Sifflais-je.
- Ce n'était pas une question. Je te ramène.
Il m'ouvrit la portière de sa Ferrari noire. Je le regardais, insolemment, droit dans les yeux. Il ne broncha pas. Pour qui il se prend ? Je n'aime pas son assurance. Mais son regard me fit clairement comprendre que je n'avais, hélas, pas le choix. Finalement, je montais dans sa voiture. Les photographes s'agglutinèrent autour de nous. Paul rétracta le toit et remonta les vitres teintées. Et d'un seul coup on fut coupé du monde extérieur. il me proposa une cigarette, que j'acceptais volontiers. Il sortit son paquet et en retira deux. Je l'a mis entre mes lèvres et l'alluma à l'aide de son Zippo. J'aspirais la fumée et la recrachait lentement. Il me regardait. Encore et toujours.
- Pourquoi tu me regarde sans cesse comme ça ? Lui demandais-je aimablement cette fois çi.
- Surement parce que tu me plais. Dit -il simplement.
Safranchise et sa naïveté m'intriguait. Mais il faut reconnaitre qu'il m'interessait également.
- Je plais à énormément de personnes. Dis-je d'un ton revêche.
- Je n'en doute pas.
- Pourquoi crois-tu que tu m'interesserais plus qu'un autre ? Toujours sur le même ton désagrèable.
- Parce que tu ne serais pas montée dans la voiture.
J'esquissais un lèger sourire, qui me trahit aussitôt.
- J'ai raison n'est ce pas ? Me demanda t-il moqueur.
- Si c'est un reproche que tu me fais, je peux très bien descendre de ta bagnole. Sifflais-je, menaçante.
-Non. Tu y es, tu y reste.
Il démarra le moteur et se dégagea de la foule. J'entendis très distinctement le petit clic qui signifiait la fermeture automatique des portes. Il roulait désormais dans la rue Saint Denis. J'observais les bars, les lumières des vitrines, défiler sous mes yeux. De plus en plus vite. Je jetais un œil au compteur de vitesse. Il affichait 110. Mais cela m'était complètement égal.
- Tu vas où au juste ? Tu ne sais même pas où j'habite.
- On va chez moi. Me répondit-il sans même me regarder.
- Je vois où tu veux en venir. Je ne suis pas une pute ! Lançais-je agressivement.
- Je le sais. Si je te considérais comme étant une pute, je ne prendrais pas la peine de t'emmener chez moi et je t'aurais sauté directement sur le trottoir.
Je le regardais, ahurie. Personne ne m'avait jamais parlé comme ça. Personne n'avait jamais osé me parler comme ça. Avec autant de dédain et de mépris. Je décidais alors de me taire jusqu'à chez lui. Je m'avisais même de le regarder. Je jouais l'indifférente, qui en avait rien à foutre. Pourtant j'avais l'impression que même un gosse de 10 ans ne m'aurait pas cru. Lui non plus ne me lança pas un seul regard. Ce qui me contrariait d'avantages. Lui qui ne m'avait pas lâché de la soirée, ne me prêtait plus aucune attention. C'était déstabilisant, déroutant. Au bout de 15 min de route, il gara sa voiture le long du trottoir devant une immense maison. Il sortie le premier de la voiture et vint m'ouvrir la porte. Il m'accompagna jusqu'à la porte d'entré en me tenant le bras, sûrement de peur que je me sauve en courant et saute dans le premier taxi. De toute façon je ne l'aurais pas fait. J'ai confiance en lui. Certainement un peu trop. Il introduisit sa clé et la fit tourner dans la serrure. La porte s'ouvrait. J'hésitais. Il me lança un regard de défit. ça m'a agacé, j'entrais alors un long couloir noir. J'entendis la porte se refermer derrière moi et tout d'un coup le couloir s'éclaira. Il m'emmena jusqu'à à la cuisine. Elle était moderne, de bon gout.
- Assis toi.
Au ton de sa voix j'en concluais que ce n'était toujours pas une question. Alors je m'assis sans faire d'histoire.
- Tu veux boire quelque chose ? me demanda t-il, cette fois çi d'une voix douce.
- Oui, je veux une vodka glace.
- On t'as jamais appris la politesse ? Plainsanta t-il.
- Et toi ? Ripostais-je sévérement.
Il rigola.
- Non , on ne m'a jamais rien appris. A part bien baiser.
Il rigola de plus belle. Son rire était agréable à entendre. Je me sentais en sécurité. Alors j'eus envie de rire avec lui.
- Tu sais, c'est la première fois que je t'entends rire. Il avala une longue gorgée.
- Je ne ris pas souvent.
- Et c'est bien dommage.
Je lui souriais. On vida nos verres en silence. Mais ce n'était pas le genre de silence gênant. C'était le genre de silence apaisant. Quand je reposais le mien, il me dévisageait et me fit signe de le rejoindre de l'autre côté du comptoir. Je lui obéis, sans dire mot. Il planta son regard dans le mien et je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés comme ça. Je savais ce qu'il attendait de moi. Et vis versa. Pourtant j'aime faire attendre les hommes, les faire courir un peu. Mais là je ne tenais plus. Je pris son visage dans mes mains et porta ma bouche à ses lèvres. Il enlaça ma taille de ses bras et me serra contre lui. Notre baiser était explosif. Je lui mordillais tour à tour la lèvre supérieure et inférieure. De plus en plus violemment. Il me fit reculer jusqu'à ce que mon dos heurte le comptoir. Je poussais un petit gémissement. Il me souleva et me posa sur le bar et j'enroulais mes jambes autour de son bassin. Il retira ma robe avec hâte, presque en la déchirant. Mais je m'en foutais de ma robe Ungaro. Tout ce que je voulais c'était lui. Je continuais de l'embrasser tout en lui enlevant à son tour sa chemise. Il me bascula sur la bar, faisant tomber nos deux verres à terre. Il retira mon soutien-gorge et je me retrouvais nue devant lui. Il m'embrassait sensuellement dans le coup descendant sur ma poitrine puis sur mon ventre. Sa langue explora chaque partie de mon corps. Je passais mes mains dans ces cheveux. J'étais en extase. J'avais envie d'une overdose de baise. Je lui griffais légèrement le dos. L'excitation était à son comble. Et tout d'un coup, je le sentis en moi. Il me pénétra avec une telle force que je ne pu m'empêcher d'émettre un cri de plaisir. Je resserrais mon étreinte, lui faisant comprendre que la cadence était encore trop lente. J'avais couché avec des mecs, de nombreux. Mais là ce n'était pas pareil. Je ne contrôlais plus mon corps. Je ne contrôlais plus rien ...
*Prologue*
Ma vie est merdique ...
Commencer par le début ? Pourquoi faire ? Et puis quel intérêt ? Je ne sais même pas par où commencer. Pourquoi j'ai constamment l'impression de perdre mon temps dans ces délires ?! Je n'ai absolument pas à ma plaindre, je suis mannequin connus, bien entourée, j'ai tout pour réussir, d'ailleurs je réussis tous ce que j'entreprends. Je n'ai plus envie de rien. J'ai juste mal. Certaines personnes croient me connaître, pourtant il est le seul à comprendre. J'ai déconné, juste déconné. Je n'aurais pas peut être pas dû l'écouter finalement. Je n'en serais sûrement pas là. C'était mérité. Je regrette. Maintenant il suffit d'oublier. Mais s'il suffisait d'oublier...
Commencer par le début ? Pourquoi faire ? Et puis quel intérêt ? Je ne sais même pas par où commencer. Pourquoi j'ai constamment l'impression de perdre mon temps dans ces délires ?! Je n'ai absolument pas à ma plaindre, je suis mannequin connus, bien entourée, j'ai tout pour réussir, d'ailleurs je réussis tous ce que j'entreprends. Je n'ai plus envie de rien. J'ai juste mal. Certaines personnes croient me connaître, pourtant il est le seul à comprendre. J'ai déconné, juste déconné. Je n'aurais pas peut être pas dû l'écouter finalement. Je n'en serais sûrement pas là. C'était mérité. Je regrette. Maintenant il suffit d'oublier. Mais s'il suffisait d'oublier...
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