dimanche 18 octobre 2009

*Chapitre 1*

__Jenna :
Mon nom est Jenna. Jenna Livingston. Vous avez déjà entendu parler de moi, c'est obligé. Mon nom est connu dans tout Paris, toute la France même. Vous m'avez déjà vu sur les couvertures de Grazia, Vogue, CitizenK, ou encore Elle.
" Notre nouvelle star de la mode, Jenna Livingston, d'une beauté à vous couper le souffle. Sa grâce est désarmante, ensorcelante. il serrait bien difficile de faire l'inventaire complet de sa panoplie de séductrice. Son corps jeune et souple, avec une taille de guêpe, de longues jambes galbées et des courbes douces et harmonieuses font rêver tout grands créateurs de mode, qui ne veulent qu'un seule chose : Elle. Il faudrait être de marbre pour rester insensible à l'ovale parfait de son visage, à ses lèvres vermeilles et toujours humides, à ses dents régulières et d'une blancheur éblouissante, à ses pommettes roses et légèrement saillantes. Mais ce sont ses yeux langoureux, d'une profondeur insondable, en forme d'amandes, qui constituent son arme de séduction et de distinction absolue.. et blablabla "
Voilà ce que les journaux disent à mon sujets. Je suis aimée, et j'aime ça. Pourtant quand je me regarde dans mon miroir, je ne vois qu'une pauvre fille de 19 ans, 1m75 pour seulement 45kg. Les cheveux emmêlés. Le teint blanchâtre. La lèvre supérieure qui tremble. Les yeux explosés à cause de la coke... Vous me trouvez égocentrique, voir narcissique ? Vous avez entièrement raison. Je le suis. Consciente de ma beauté et de mon pouvoir, je ne peux m'empêcher d'avoir une attitude hautaine et désagréable à certains égards. N'oubliez pas que dédain et beauté sont inséparables. Capricieuse, exigeante, je le suis volontiers, mais c'est plutôt par la faute des hommes, par leur comportement peu digne. Ils m'incitent à avoir des désirs farfelus et font de nombreux effort pour les satisfaire afin d'obtenir mes faveurs. Seulement, mes faveurs, ils ne les auront jamais. Personne ne les méritent. Je n'appartiens à personne. C'est ce que je croyais avant de l'avoir rencontré, lui.

Paul Doyle, jeune millionnaire de 25 ans, bel homme, mince, grand. La chevelure abondante, le front haut, les yeux toujours grands ouverts et qui reflètent une lueur de malice. La voix grave et vibrante lui donne un charme irrésistible, celui au quelle toute femme vraiment sensuelle aurait du mal à résister. Je l'ai rencontré lors d'une avant première du film "La Môme". Bien sur étant donné que j'ai de nombreuses connaissances, je fréquente tout les grands événement de Paris. Après s'être présenté, il s'était permis de s'installer à ma table. J'ai su directement à qui j'avais à faire... L'ambition est la trame de la vie de cet homme. Elle peut se traduire à tous les niveaux et dans tous les secteurs d'activité où il peut se trouver. Que ce soit gagner beaucoup d'argent, collectionner des tas de diplômes ou de rubans, séduire le plus grand nombre de femmes possible .. tout moyen lui semble bon, pourvu qu'il lui permette de briller. Il veut être partout le premier, le plus grand, le plus célèbre. Il a besoin d'être applaudi, respecté, vénéré. Il est constamment obsédé par la réussite.
Seulement, moi, je n'aime pas que l'on me fasse de l'ombre. A voir son comportement, son attitude de supériorité, son air de suffisance et le ton péremptoire de ses propos, je ne pourrais m'entendre avec lui. Il m' insupportait comme jamais personne ne m'avait insupporté auparavant. Ce qui m'intriguait d'avantage, c'était la façon dont il me regardait. Il n'avait pas besoin de parler, tout se passait dans le regard. Son regard perçant,mais d'un côté si rassurant. J'y voyais une personne que je ne connaissais que trop bien. Exactement les mêmes idées, exactement la même façon de voir les choses, la même arrogance, la même fierté. J'avais juste l'impression de voir mon double en face de moi. Mon double, voilà ce qu'il était. Le seul qui puisse me comprendre. Je le déteste.

- Qu'est ce que tu regardes comme ça ? Lui demandais-je d'un ton peu aimable.
- Toi. Dit-il simplement.
Et il continua de m'observer. Je n'aime pas ça. Et il le sait, j'en suis sûr. Quel con. Il m'énerve. Mais j'essaye de préserver mon calme. J'aperçois au loin, Gérard Depardieu, Pascal Greggory, et Marion Cotillard. Je lui fis un signe de main. Elle me reconnu et me sourit.
- Bonsoir Marion. Je lui tape la bise.
- Bonsoir Jen'.
Elle avait belle allure dans sa robe Balenciaga et ses chaussures Gucci. Malheureusement pour elle, ma Emanuel Ungaro était beaucoup plus élégante et épousait parfaitement les courbes de mon corps. Ma classe n'avait aucune limite. Et personne ne pouvait l'égaler.
- Jolie robe. Balenciaga ?
- Oui merci, la tienne Ungaro ?
- Évidemment. Répondais-je en levant les yeux au ciel.
Olivier Dahan s'approcha et s'incrusta dans notre conversation. Voulant me faire la bise, je préférais lui tendre la main. Hébété, il me la serra et me sourit.
- Quelle bonne surprise Jenna, de vous voir ici.
- Et en quoi cela est une surprise ? Lui demandais-je d'un ton mauvais. Je suis invitée partout.
Je remarquais le petit ricanement qu'émit Paul. Et un sourire médisant se dessina sur mes lèvres.
- Naturellement. Répondit il, manifestement troublé par mon hostilité.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, et attrapa ma coupe de champagne que je vidais d'un seul jet.
- Ah tiens bonsoir Paul. Dit Olivier, d'un ton jovial.
Paul ne lui répondit pas non plus. Il restait là, à me fixer, toujours avec son sourire malsain et pervers. Un silence gênant s'installa. Je regardais tour à tour Paul, Marion, Olivier. Leur air niais m'énerva davantage. Alors je me levais, prétextant vouloir aller aux toilettes.
- Oh ! Eh bien bonne soirée Jenna. Je fus très content de vous revoir.
- Oué oué. Répondais-je insolemment.
Hypocrite ! J'étais vraiment odieuse et exécrable. Pourtant je m'en donnais à cœur joie de faire ressortir ce trais de ma personnalité. Je marchais, chancelante. Interpella un jeune serveur et lui demanda où se trouvait les toilettes. J'ai sûrement dû l'insulter de connard par la suite, à cause de son incompétence totale. Je me rapprochai de la petite porte verte sur laquelle un écriteau indiquait "Toilettes". Je poussais le battant. Je fus étonné par la malpropreté des lieux. Ils y avait un vieux cendrier plein à ras bord, une poubelle dégueulasse, pleine elle aussi, du PQ par terre, les miroirs sales. Je m'enfermais dans la cabine du fond. J'abaissais la cuvette. Y posais mon sac et fouillais à l'intérieur. J'en sortis ma cam et un billet de 100 euro. Mes mains tremblaient. Je déchirais mon sachet de coke et en fit tomber à côté. « Merde » J'étalais la poudre blanche restante en deux rails égaux. Je roulais mon billet de sorte à en faire une paille, et sniffait tout ce qu'il restait. Je m'assis par terre et posa ma tête contre le mur. Je me sentais mieux, beaucoup mieux. La musique Olympic Airways de Foals résonnait dans ma tête. Je fermais les yeux de satisfactions. Et claquais des doigts en rythme avec la musique. Seulement, le bruit que faisait le jeune couple entrain de baiser dans la cabine d'à coté me fit vite revenir à la réalité. Je partis dans un rire euphorique. Puis mes rires se transformèrent vite en pleurs. Et d'un seul coup, je maudis ma défunte mère de m'avoir donné la vie. Je me relevais avec peine, me lavais les mains dans l'évier, qui ressemblait plus à une mangeoire pour porcs. Je vérifiais mon visage dans la glace, et essuyais mes larmes. Je me dirigeais vers la sortie et m'arrêtais devant la porte des toilettes du jeune couple, imaginant de qui il pouvait bien s'agir. J'aurais voulu donner un coup de pied dans celle ci pour les faire taire, mais j'aurais sûrement abîmés mes Dior...
Je sortis alors des toilettes titubant jusqu'à ma table et m'assis de nouveau en face de Paul. Il n'avait pas bougé depuis tout ce temps et me fixa à nouveau. Je reniflais légèrement. Il était le seul à l'avoir vu. Les autres s'en foutait, lui non. Il me regardait avec dédain comme si le dégoûtait. Je l'emmerde. Les lumières s'estompèrent et la salle fut plongée dans le noir. Je me tournais vers le grand écran. Le film commença.

Je me suis emmerdée pendant deux longues heures. Un nombre considérable de personnes avaient été touchées par Marion C. dans son rôle D'Édith Piaf. Néanmoins, il faut avouer qu'elle jouait formidablement bien. Mais qu'est ce que c'était long !
La môme, enfant du spectacle, née dans la misére. Sa mère trop minable pour l'élever, la confie à sa grand-mère. Seulement, celle ci, qui ne songe qu'a boire, ne s'en occupe pas, laissant la pauvre gosse dans la saleté, ignorant l'eau et l'hygiène. Elle grandit dans la crasse et la pitié. Doté d'une personnalité hors norme, elle inspire de nombreux compositeurs, fut le mentor de nombreux jeunes artistes et connu une renommée internationnale, malgrè une fin de carrière rendue difficile par de grave problèmes de santé.
Bizarrement je me reconnais dans son histoire. C'est pratiquement la mienne. Excepté, bien sur, "enfant du spectacle" et " graves problèmes de santé", même si, contrairement aux apparences, je ne suis pas encore morte ou du moins pas complètement.

A la sortie, les meilleurs photographes de la ville c'étaient donné rendez vous. On fut accueilli par une pluie de flashs. Marion C, faisant de grand sourires aux journalistes qui l'interviewaient. Mon regard s'attarda derechef sur la personne qui était amarrée à son bras. Guillaume Canet.. Une des rares stars dont je n'avais jamais fait la connaissance. Une des rares stars qui avait le plus d'allure ce soir. Une main se referma sur mon poignet, ce qui me fit sortir de mes rêveries. Ce n'était pas Guillaume Canet mais presque. Paul se tenait à mes côtés. Je dégageais alors mon bras d'un petit coup sec.
- Je te ramène. Fit-il sobrement.
- Non merci, j'ai un chauffeur. Sifflais-je.
- Ce n'était pas une question. Je te ramène.
Il m'ouvrit la portière de sa Ferrari noire. Je le regardais, insolemment, droit dans les yeux. Il ne broncha pas. Pour qui il se prend ? Je n'aime pas son assurance. Mais son regard me fit clairement comprendre que je n'avais, hélas, pas le choix. Finalement, je montais dans sa voiture. Les photographes s'agglutinèrent autour de nous. Paul rétracta le toit et remonta les vitres teintées. Et d'un seul coup on fut coupé du monde extérieur. il me proposa une cigarette, que j'acceptais volontiers. Il sortit son paquet et en retira deux. Je l'a mis entre mes lèvres et l'alluma à l'aide de son Zippo. J'aspirais la fumée et la recrachait lentement. Il me regardait. Encore et toujours.
- Pourquoi tu me regarde sans cesse comme ça ? Lui demandais-je aimablement cette fois çi.
- Surement parce que tu me plais. Dit -il simplement.
Safranchise et sa naïveté m'intriguait. Mais il faut reconnaitre qu'il m'interessait également.
- Je plais à énormément de personnes. Dis-je d'un ton revêche.
- Je n'en doute pas.
- Pourquoi crois-tu que tu m'interesserais plus qu'un autre ? Toujours sur le même ton désagrèable.
- Parce que tu ne serais pas montée dans la voiture.
J'esquissais un lèger sourire, qui me trahit aussitôt.
- J'ai raison n'est ce pas ? Me demanda t-il moqueur.
- Si c'est un reproche que tu me fais, je peux très bien descendre de ta bagnole. Sifflais-je, menaçante.
-Non. Tu y es, tu y reste.
Il démarra le moteur et se dégagea de la foule. J'entendis très distinctement le petit clic qui signifiait la fermeture automatique des portes. Il roulait désormais dans la rue Saint Denis. J'observais les bars, les lumières des vitrines, défiler sous mes yeux. De plus en plus vite. Je jetais un œil au compteur de vitesse. Il affichait 110. Mais cela m'était complètement égal.
- Tu vas où au juste ? Tu ne sais même pas où j'habite.
- On va chez moi. Me répondit-il sans même me regarder.
- Je vois où tu veux en venir. Je ne suis pas une pute ! Lançais-je agressivement.
- Je le sais. Si je te considérais comme étant une pute, je ne prendrais pas la peine de t'emmener chez moi et je t'aurais sauté directement sur le trottoir.
Je le regardais, ahurie. Personne ne m'avait jamais parlé comme ça. Personne n'avait jamais osé me parler comme ça. Avec autant de dédain et de mépris. Je décidais alors de me taire jusqu'à chez lui. Je m'avisais même de le regarder. Je jouais l'indifférente, qui en avait rien à foutre. Pourtant j'avais l'impression que même un gosse de 10 ans ne m'aurait pas cru. Lui non plus ne me lança pas un seul regard. Ce qui me contrariait d'avantages. Lui qui ne m'avait pas lâché de la soirée, ne me prêtait plus aucune attention. C'était déstabilisant, déroutant. Au bout de 15 min de route, il gara sa voiture le long du trottoir devant une immense maison. Il sortie le premier de la voiture et vint m'ouvrir la porte. Il m'accompagna jusqu'à la porte d'entré en me tenant le bras, sûrement de peur que je me sauve en courant et saute dans le premier taxi. De toute façon je ne l'aurais pas fait. J'ai confiance en lui. Certainement un peu trop. Il introduisit sa clé et la fit tourner dans la serrure. La porte s'ouvrait. J'hésitais. Il me lança un regard de défit. ça m'a agacé, j'entrais alors un long couloir noir. J'entendis la porte se refermer derrière moi et tout d'un coup le couloir s'éclaira. Il m'emmena jusqu'à à la cuisine. Elle était moderne, de bon gout.
- Assis toi.
Au ton de sa voix j'en concluais que ce n'était toujours pas une question. Alors je m'assis sans faire d'histoire.
- Tu veux boire quelque chose ? me demanda t-il, cette fois çi d'une voix douce.
- Oui, je veux une vodka glace.
- On t'as jamais appris la politesse ? Plainsanta t-il.
- Et toi ? Ripostais-je sévérement.
Il rigola.
- Non , on ne m'a jamais rien appris. A part bien baiser.
Il rigola de plus belle. Son rire était agréable à entendre. Je me sentais en sécurité. Alors j'eus envie de rire avec lui.
- Tu sais, c'est la première fois que je t'entends rire. Il avala une longue gorgée.
- Je ne ris pas souvent.
- Et c'est bien dommage.
Je lui souriais. On vida nos verres en silence. Mais ce n'était pas le genre de silence gênant. C'était le genre de silence apaisant. Quand je reposais le mien, il me dévisageait et me fit signe de le rejoindre de l'autre côté du comptoir. Je lui obéis, sans dire mot. Il planta son regard dans le mien et je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés comme ça. Je savais ce qu'il attendait de moi. Et vis versa. Pourtant j'aime faire attendre les hommes, les faire courir un peu. Mais là je ne tenais plus. Je pris son visage dans mes mains et porta ma bouche à ses lèvres. Il enlaça ma taille de ses bras et me serra contre lui. Notre baiser était explosif. Je lui mordillais tour à tour la lèvre supérieure et inférieure. De plus en plus violemment. Il me fit reculer jusqu'à ce que mon dos heurte le comptoir. Je poussais un petit gémissement. Il me souleva et me posa sur le bar et j'enroulais mes jambes autour de son bassin. Il retira ma robe avec hâte, presque en la déchirant. Mais je m'en foutais de ma robe Ungaro. Tout ce que je voulais c'était lui. Je continuais de l'embrasser tout en lui enlevant à son tour sa chemise. Il me bascula sur la bar, faisant tomber nos deux verres à terre. Il retira mon soutien-gorge et je me retrouvais nue devant lui. Il m'embrassait sensuellement dans le coup descendant sur ma poitrine puis sur mon ventre. Sa langue explora chaque partie de mon corps. Je passais mes mains dans ces cheveux. J'étais en extase. J'avais envie d'une overdose de baise. Je lui griffais légèrement le dos. L'excitation était à son comble. Et tout d'un coup, je le sentis en moi. Il me pénétra avec une telle force que je ne pu m'empêcher d'émettre un cri de plaisir. Je resserrais mon étreinte, lui faisant comprendre que la cadence était encore trop lente. J'avais couché avec des mecs, de nombreux. Mais là ce n'était pas pareil. Je ne contrôlais plus mon corps. Je ne contrôlais plus rien ...

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